2014-11-19

Centre de réadaptation en dépendance de Montréal - Mobilisation pour dénoncer la réforme Barrette

projet-loi-10.jpgLes employées et employés du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal (CRDM), membres du Syndicat des professionnelles et professionnels du Centre Dollard-Cormier (SPPCDC-CSQ) et du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre Dollard-Cormier (STTCDC-CSN) ont tenu une manifestation aujourd'hui, de 12 h à 13 h, pour dénoncer le projet de loi no10 du ministre Gaétan Barrette.

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2013-10-17

Promotion du casino par la Société de transport de l'Outaouais (STO)

STO-CASINO.jpg La STO fait fausse route

Dans sa publicité pour le lancement du Rapibus, la STO a annoncé qu’à cette occasion les chauffeurs d’autobus offriront aux personnes de 18 ans et plus 10$ en crédits-jeu échangeables au Casino du Lac Leamy. En s’engageant dans un tel partenariat, la STO fait fausse route.

La mission de la STO est le transport collectif des personnes et non la promotion des dépendances. Offrir de l’argent pour aller jouer au casino, c’est l’équivalent d’offrir des cigarettes ou de l’alcool. Il y certainement des partenaires plus proches de la mission de la STO que l’industrie du jeu.

La STO a une vocation sociale importante. Elle offre un moyen transport pour les personnes à faible revenu et à cet égard elle pourrait faire mieux. Au lieu d’un partenariat avec le casino, elle aurait intérêt à s’engager auprès des groupes sociaux dans une réflexion commune sur le droit au transport et la tarification.

La STO joue également un rôle important dans l’aménagement écologique du territoire et la lutte contre les gaz à effet de serre. Au lieu d’un partenariat avec le casino, elle aurait intérêt à rechercher d’autres partenaires intéressés à promouvoir l’utilisation du transport en commun. Elle pourrait par exemple développer des activités avec les écoles pour sensibiliser les jeunes sur les enjeux entourant le transport et l’environnement.

Dans cette initiative malavisée, c’est la STO qui est instrumentalisé par le casino. Elle n’a rien à voir avec la promotion du Rapibus, c’est plutôt la promotion du casino. C’est le monde à l’envers et la STO doit faire marche arrière.

Bill Clenett, membre d'EMJEU

2013-06-08

Santé publique: Maintenir la consommation d’alcool hors des aires de jeux des casinos québécois

Alcool-et-jeux-d-argent.jpgDans un mémoire commun, les directeurs de santé publique de Montréal, Capitale-Nationale, Mauricie et Centre-du-Québec, Outaouais, Nord-du-Québec et Laurentides appellent le gouvernement du Québec à maintenir les restrictions actuellement en vigueur limitant la consommation d’alcool aux restaurants et bars des casinos québécois.

Choisir les meilleures pratiques

En matière de prévention et de réduction des méfaits liés aux jeux d’argent, cette mesure, comme celle faisant des casinos d’État des établissements non-fumeurs, contribue à réduire les risques pour la santé. Selon les directeurs de santé publique, nous devons nous assurer que les meilleures pratiques en matière de prévention des problèmes de jeux soient appliquées afin de protéger la santé des Québécois et Québécoises, et surtout celle des plus vulnérables.

Restreindre l’accès à l’alcool dans les aires de jeux figure au sommet des meilleures pratiques.

Réduire les coûts sociaux

Les restrictions actuelles limitant la consommation d’alcool dans les casinos québécois contribuent à prévenir les impacts préjudiciables associés aux jeux d’argent. Ces mesures permettent de réduire les coûts sociaux pour les joueurs, leurs proches et la communauté.

Des risques reconnu

Au Québec, les mesures qui contribuent à protéger les clientèles à risque s’imposent, car parmi les quelques 100 000 personnes fréquentant le casino de Montréal chaque semaine:

  • 94 % viennent de Montréal et ses environs
  • 65 % des joueurs montréalais présentent au moins un facteur de vulnérabilité aux problèmes de jeu
  • les risques et les problèmes liés aux jeux d’argent sont proportionnellement de trois à quatre fois plus élevés chez les Québécois et Québécoises qui fréquentent les casinos que dans la population générale.

C’est dans ce contexte que s’ajouterait cette nouvelle offre d’alcool. En situation de jeux, l’alcool entraîne des hausses au niveau de la durée des sessions, des sommes misées ou des pertes encourues par les joueurs. Les centres de réadaptation venant en aide aux joueurs constatent qu’une part importante de leur clientèle, aux prises avec des problèmes de jeux, souffre également de problèmes liés à la consommation de l’alcool.

Par conséquent, à des fins préventives, les directeurs de santé publique recommandent le maintien du règlement actuellement en cours qui permet la consommation d’alcool dans les casinos d’État (Loto-Québec) hors des aires de jeux.



Pour consulter le mémoire : ICI

La présentation des directeurs de la santé publique aux consultations de la Commission de la santé et des services sociaux sur l'abrogation des dispositions qui interdisent la vente, le service et la consommation d'alcool à l’intérieur des aires de jeux des casinos:

Sur le même sujet - Vente et services d'alcool dans les aires de jeux des casinos de Loto-Québec :

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Baisse des profits des casinos de Loto-Québec... Une tendance mondiale!

2013-05-30

Le Québec remet en question certaines mesures de protection du jeu à risque

La responsabilité sociale de Loto-QuébecÀ la demande des partis de l'opposition, le Gouvernement du Québec tiendra ces jours-ci des consultations particulières sur la vente, le service et la consommation d'alcool à l'intérieur des aires de jeu (des casinos de Loto-Québec). L'Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec (ACRDQ), qui regroupe tous les établissements publics ayant une mission de centre de réadaptation en dépendance, lesquels assument 90% de l'offre de services faite aux joueurs pathologiques, profitera de l'occasion pour réclamer au Gouvernement qu'il mette en place au Québec un Observatoire des comportements à risque ou de dépendance aux jeux de hasard et d'argent.

Alors qu'une large proportion de la population du Québec joue aux jeux de hasard et d'argent (JHA), un très petit pourcentage développera au cours de sa vie un problème de jeu pathologique. En 2002, le taux de prévalence du jeu pathologique au Québec était de l'ordre de 0,8%. Les études plus récentes menées par Louise Nadeau et Sylvia Kairouz indiquent que ce taux se situe aujourd'hui autour de 0,7%. À cela, il faut ajouter qu'un peu plus de 1% de la population est considérée à risque (ou problématique) de développer un problème de dépendance aux jeux. Bien que cette population de «joueurs à risque» demeure actuellement mal connue et que la littérature soit encore peu éclairante sur leurs motivations, nous savons que certains facteurs engendrent un risque pour les gens de développer un problème de jeu ou, à l'inverse, les protègent contre un tel sort.

Les joueurs pathologiques présentent de hauts niveaux de comorbidité. La concomitance de problèmes de santé mentale est importante et il existe une forte association entre une participation problématique au jeu et l'abus ou la dépendance à des substances comme l'alcool, la drogue et le tabac. Les résultats de certaines études suggèrent un effet d'interaction entre les problématiques liées au jeu et à l'alcool.

On sait donc que l'alcool agit comme un désinhibiteur qui généralement augmente la prise de risque chez le joueur compulsif. Plusieurs études ont démontré que l'association de l'alcool et du jeu pouvait conduire à des pertes de contrôle. L'obligation pour le joueur de devoir quitter l'aire de jeux pour consommer des boissons alcooliques agit souvent comme un frein et constitue par le fait même une mesure de protection du jeu à risque.

Le Québec a mis en place au fil du temps un certain nombre de mesures qui agissent comme des facteurs de protection du jeu à risque ou du jeu problématique. De notre point de vue, ces facteurs de protection expliquent sans doute en partie les faibles taux de prévalence du jeu pathologique au Québec. Mentionnons parmi ceux-là la concentration des aires de jeu dans les salons de jeu ou les casinos, le fait que ces aires de jeu soient encadrées et réglementées par l'État, le fait que des mesures d'autoexclusion ainsi que des mesures de gestion de crise aient été mises en place dans ces aires de jeux afin de prévenir les problèmes associés au jeu problématique.

Il en est ainsi des règles qui prohibent la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l'intérieur des aires de jeux. Ainsi, la décision du gouvernement du Parti québécois de permettre la consommation d'alcool aux tables de jeux risque de conduire certains joueurs ayant des comportements problématiques à augmenter la prise de risque et la perte de contrôle. Nous sommes particulièrement préoccupés par la tranche de 2% de la population qui, soit en tant que joueurs à risque, soit en tant que joueurs pathologiques, est susceptible de développer des problèmes encore plus importants.

De l'avis de l'ACRDQ, les différentes mesures de protection mises en place au Québec pour prévenir, protéger ou traiter les joueurs à risque ou pathologique, expliquent en partie les faibles taux de prévalence de ces problématiques. La décision du Gouvernement de remettre en cause une de ces mesures risque d'affecter une partie de la population aux prises avec un problème de dépendance au jeu ou à risque de développer une dépendance. Ceci dit, si le Gouvernement souhaite aller de l'avant, l'ACRDQ suggère de mettre en place une instance de surveillance de ces problématiques, tel un Observatoire du jeu, et d'investir dans des programmes spécifiques pour les joueurs dits à risque, lesquels ne reçoivent aucun service à l'heure actuelle.

Lisa Massicotte
Directrice générale de l'Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec

Pour consulter le mémoire dACRDQ: ICI

Témoignages de ACRDQ en Commission parlementaire: Alcool dans les aires de jeux

Note les parenthèses avec soulignement ont été rajoutées par la rédaction de jeuenligne.ca afin d'améliorer la compréhension du texte



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Directions régionales de la Santé publique: Maintenir la consommation d’alcool hors des aires de jeux des casinos québécois Baisse des profits des casinos de Loto-Québec... Une tendance mondiale!

2013-03-17

Mouvement pour l'accès libre aux résultats de la recherche scientifique...

open-acces.jpgEn juillet 2012, la Commission européenne a émis une recommandation relative à la publication en accès ouvert (c’est-à-dire gratuit pour le lecteur) des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics (Lire Le Monde 28 février 2013). La Commission considère en effet qu’une telle démarche est nécessaire pour renforcer la visibilité de la recherche européenne à l’horizon 2020, en levant progressivement les obstacles qui se dressent entre le lecteur et l’article scientifique, après un éventuel embargo de six à douze mois. Cet avantage, l’Amérique latine, par exemple, l’a déjà saisi depuis une décennie en lançant de puissantes plateformes de revues en accès ouvert. Scielo et Redalyc, qui comptent à elles deux près de 2000 revues ont considérablement gagné en visibilité grâce à l’accès ouvert: le portail brésilien Scielo est désormais plus consulté que l’américain Jstor. Ces exemples montrent que l’accès ouvert change le rapport de forces dans un monde dominé par des groupes détenant des portefeuilles de milliers de revues majoritairement de langue anglaise: il ouvre la porte à ce qu’on peut appeler une véritable bibliodiversité en favorisant l’émergence d’une pluralité de points de vue, de modalités d’édition, de paradigmes scientifiques, de langues.

Etre en tête du mouvement

Certains acteurs français de l’édition de revues en sciences humaines et sociales (SHS) se sont émus de ce qu’ils ont perçu comme une menace pour un modèle économique fragile. En fait, il serait souhaitable d’analyser précisément l’activité de ce secteur en identifiant les sources et modes de financements directs et indirects, publics et privés, de cartographier les rôles des différents acteurs en cernant la plus-value apportée par chacun afin de déboucher sur une véritable analyse des coûts. Craindre l’accès ouvert nous paraît relever d’une vision étroite et, pour tout dire, erronée de l’avenir. Isoler, aujourd’hui, les SHS dans un espace spécifique ferait de ce dernier un conservatoire voué à la disparition. Selon nous, les SHS peuvent au contraire se placer à l’avant-garde de ce mouvement d’ouverture, en raison même de la demande sociale grandissante dont elles sont l’objet (nous estimons le cumul des visites sur Cairn, OpenEdition, Erudit et Persée à environ 10 millions de visites mensuelles !). Les inquiétudes exprimées par nos amis et nos collègues sont à cet égard largement infondées. Non seulement la part des ventes hors des institutions d’enseignement supérieur et de recherche est faible dans l’économie des revues SHS qui reste très largement subventionnée directement ou indirectement par des fonds publics, mais il existe aujourd’hui des modèles économiques nouveaux qui renforcent la position des éditeurs sans pour autant faire payer les auteurs, comme le démontre le succès du programme Freemium promu par OpenEdition, une initiative française. Des solutions permettant de financer une édition électronique ouverte de qualité sont en train d’être inventées et de prouver leur efficacité, de Scielo à Public Library of Science (PLOS), de Redalyc à OpenEdition. Il serait désastreux que les SHS se placent en retrait de ce puissant mouvement d’innovation qui reconfigurera sans doute durablement le paysage scientifique; elles doivent au contraire faire partie des disciplines en tête de ce mouvement, comme dans les mondes hispanophone et lusophone. La résistance de certains de nos collègues à cette évolution paraît être un calcul à trop court terme face aux gains scientifiques, pédagogiques potentiels et, in fine, à la démocratisation de l’accès au savoir.

!!Un savoir enfermé derrière des barrières et accessible aux seuls happy few des universités les plus riches est un savoir stérile, et pour tout dire confisqué alors qu’il est produit grâce à des financements publics.

open-acces.pngLa question, selon nous, n’est pas seulement d’ordre économique et commercial. Même si le problème posé par l’existence d’un oligopole Elsevier/Springer/Wiley pèse fortement sur les budgets des universités et si le mode de financement de l’édition universitaire mérite d’être repensé, c’est avant tout, avec l’accès ouvert généralisé, de politique scientifique qu’il s’agit. En effet, la connaissance ne saurait être traitée comme un bien classique et la circulation des savoirs est aujourd’hui plus que jamais un enjeu de société : il nous est possible de mettre en œuvre une révolution dans la démocratisation de l’accès aux résultats de la recherche. Un savoir enfermé derrière des barrières et accessible aux seuls happy few des universités les plus riches est un savoir stérile, et pour tout dire confisqué alors qu’il est produit grâce à des financements publics. Dans ce débat, les établissements d’enseignement et de recherche ont un rôle clef à jouer. La diffusion des connaissances et des résultats de la recherche et leur communication auprès du plus grand nombre font partie de leurs missions. Une politique scientifique bien pensée requiert dans ces conditions la construction d’infrastructures numériques publiques, mais aussi des politiques éditoriales innovantes, favorisant les croisements disciplinaires, les nouvelles formes d’écriture, le multilinguisme et la diffusion la plus large.

Qui a peur de l’accès ouvert? L’accès privatif bride la dissémination des idées et est inadapté aux nouveaux paradigmes offerts par le numérique. Il est temps de voir dans le Web une formidable occasion dans le domaine de l’innovation, de la diffusion des savoirs et de l’émergence de nouvelles idées.

Nous n’avons pas peur de l’accès ouvert. Sortir les savoirs des silos et des frontières des campus, c’est les ouvrir à tous, c’est reconnaître à la connaissance un rôle moteur dans nos sociétés, c’est ouvrir des perspectives d’enrichissement collectif.

N’ayez pas peur de l’accès ouvert ! Il est désormais possible de fonder un nouveau contrat scientifique, éditorial et commercial entre chercheurs, éditeurs, bibliothèques et lecteurs pour entrer véritablement dans une société de la connaissance partagée, dans une démocratie du savoir.

Vous pouvez vous associer à ce texte en signant sur le site "I love open access" http://iloveopenaccess.org

Tribune initialement publiée le 15 mars 2013 dans Le Monde par soixante membres de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche, présidents d’universités, directeurs de maisons des sciences de l’homme, éditeurs, revues, représentants de bibliothèques universitaires, enseignants-chercheurs. L’appel est ouvert à tous, ingénieurs, chercheurs, étudiants, documentalistes, bibliothécaires, journalistes, etc.



Commentaire d'Alain Dubois, co éditeur de JeuEnLigne.ca

De l'open acces à l'open source... Pourquoi pas!

-Le Québec et le Canada devraient suivre ce mouvement pour le libre accès aux résultats des recherches financés à même des fonds publics. Personnellement, je crois qu'il faudrait encore aller plus loin et permettre l'accès non seulement aux résultats mais à l'ensemble du contenu du contenu des recherches (avec protection des informations nominatives).... Ce mouvement en faveur de l'open accès est un pas dans la bonne direction mais pour véritablement "entrer véritablement dans une société de la connaissance partagée, dans une démocratie du savoir" il sera nécessaire l'élargir cette notion et passer de l'open acces à l'open source,

2013-02-02

Il est temps de faire un grand ménage à Loto-Québec !

Loto-Quebec-menage.jpgLoto-Québec s'est fait prendre à son propre jeu. À force de vouloir faire jouer tout le monde, notre société d'État est devenue elle-même une joueuse compulsive. Et comme Loto-Québec est une société d'État qui nous appartient, cela veut dire que nous risquons comme contribuables d'y perdre beaucoup d'argent. Car il semblerait qu'après avoir flambé des sommes d'argent considérables dans des paris risqués, elle veut encore, tout comme n'importe quel joueur compulsif, tenter de se refaire.

Voyons un peu les déboires récents de notre société d'État en matière de paris. En 2002, elle investit 85 millions $ dans des casinos en France. Or, dans cette folle aventure, elle fait maintenant face à un déficit accumulé de plus de 59 millions $. Mais, peu importe, nous dit notre société joueuse: il n'est pas question de se départir de ces actifs tant et aussi longtemps que l'on ne réussira pas à regagner l'argent perdu.

Évidemment, Loto-Québec ne s'arrête pas là. Un autre exemple: jugeant que les hippodromes de Trois-Rivières et de Québec ne rapportaient pas assez, notre société d'État décida de les remplacer par des maisons de jeu appelées Ludoplex. Loto-Québec y investit alors 65 millions $. Or, après quatre ans d'existence, les pertes ne cessent de s'y accumuler. On parle de 3,4 millions $ de pertes en 2011 pour les établissements de Québec et de Trois-Rivières et de 3,1 millions $ de pertes en 2012 uniquement pour celui de Trois-Rivières. Mais, encore là, peu importe, nous dit Loto-Québec: il ne faut pas lâcher pas le morceau. Il faut donc comprendre que, comme tout vrai joueur compulsif, elle ne s'en fait pas outre mesure avec ses pertes financières...

Aussi, sans attendre, Loto-Québec relance de nouveau sa mise ailleurs: c'est ainsi que, tête baissée, elle décide de construire un quatrième casino à Mont-Tremblant nécessitant cette fois-ci 66 millions $ de notre argent. Ce nouveau casino devait rapporter au bas mot, selon les dits experts financiers de Loto-Québec, 50 millions $ par année. Or, le rendement réel n'est aujourd'hui que de... 15 millions $!

Loto-Québec ne perd pas espoir et engloutit ensuite frénétiquement 80 millions $ dans les jeux en ligne. Le marché du jeu en ligne possède un potentiel énorme, nous disait-elle, toute excitée, en 2010. Mais encore là, pas de chance: c'est un cuisant échec! Alors que les revenus devaient être de 50 millions $ dès la première année, ils sont à peine de... 20 millions $!

Tout comme le joueur possédé par le jeu dans le roman de Dostoïevski, Loto-Québec remet encore et encore de l'argent sur la table. Et, cette fois-ci, c'est une très grosse somme: 305 millions $! De quoi construire environ 2000 beaux condos! Découragée du Casino de Montréal, dont les revenus stagnent depuis un certain temps, Loto-Québec croit pouvoir enfin se refaire en le rénovant avec grand faste. En misant sur le côté glamour qu'aura le casino une fois rénové, elle espère y attirer de gros joueurs. Notons que ceux-ci n'ont jamais représenté plus de 10% de sa clientèle.

On se demande cependant pourquoi de gros joueurs viendraient salir leur belle limousine dans les rues crasseuses et raboteuses de Montréal! Cette ville n'est tout de même pas Las Vegas où, pour $168, (le prix d'un billet d'avion aller-retour chez Porter), n'importe quel gros joueur, qu'il soit de Montréal ou d'ailleurs, peut facilement aller jouer. Peut-être aurait-on d'abord dû penser à investir dans une cure de beauté pour Montréal. Cette ville en aurait bien plus besoin que son casino. Mais cela est une autre histoire...

Ce que notre société d'État joueuse ne semble pas comprendre toutefois, est le fait qu'aujourd'hui, et cela, presque partout à travers le monde, le marché du jeu plafonne. En fait, ce marché est tellement saturé que l'offre est beaucoup plus grande que la demande et que seules quelques grandes capitales mondiales du jeu comme Las Vegas, Atlantic City, Monaco ou Macao, échappent à la désaffection généralisée des gros joueurs.

Aussi, à la suite de toutes ces récidives de Loto-Québec qui, depuis un bon bout de temps déjà, gaspille follement notre argent à gauche et à droite dans des paris perdus d'avance, je crois qu'une thérapie de choc s'avère être plus que jamais nécessaire pour elle. Cette société d'État est devenue au fil des années une très grosse machine qui coûte très cher à faire fonctionner et que l'on doit absolument, compte tenu de ses échecs et du contexte mondial du jeu, dégraisser!

Notons d'abord que plus du tiers de l'ensemble de ses revenus, soit 35%, sert uniquement à défrayer ses coûts de fonctionnement. C'est énorme! Et pour cette somme que fait-elle? Elle vend des billets de loteries, opère quatre casinos et exploite des machines de loterie vidéo. Ce petit service nous a coûté 1 milliard 348 millions $ en 2012! Or, cette même année, Loto-Québec remettait au Trésor public pas plus que 1 milliard 196 millions. Il en coûte donc plus cher pour aller chercher cette somme dans la poche des joueurs que ce que cela nous rapporte comme contribuables.

Il faut dire que, dans nos sociétés d'État, les salaires sont en général 20% plus élevés qu'ailleurs dans la fonction publique. Par exemple, le salaire du président de Loto-Québec est de 329 000$ par année plus 50 000$ en bonus. Ceux des huit plus hauts dirigeants de Loto-Québec se situent entre 217 000$ et 267 000$ par année plus bonus, évidemment. On comprendra qu'avec de tels salaires, personne ne se plaindra et n'osera avouer qu'à Loto-Québec, rien ne va plus !

Plutôt que d'avoir un regard lucide sur la situation actuelle des jeux d'argent dans le monde et rationaliser l'entreprise en conséquence, les dirigeants préfèrent se lancer encore dans des projets morts-nés afin de justifier leur emploi devenu bidon. Comme contribuables, nous n'avons pas à payer pour cela!

Il va falloir que le gouvernement du Québec comprenne que le gaspillage des dernières années à Loto-Québec a assez duré. En rationalisant sérieusement l'entreprise, Loto-Québec pourrait très bien continuer à assurer des redevances tout aussi substantielles au gouvernement tout en ayant un budget de fonctionnement réduit de beaucoup... 1,3 milliard $ uniquement pour faire fonctionner une entreprise qui ne progresse plus, c'est beaucoup trop!

Pierre Desjardins
Philosophe, membre de la coalition Emjeu (Éthique pour une modération du jeu) et auteur du Livre noir de Loto-Québec

2012-12-14

Participer à une recherche sur le jeu en ligne, ça vous intéresse?

Chers internautes de JeuEnLigne.ca,

Les jeunes et le jeu en ligneLe Dr. Yasser Khazaal et moi-même vous présentons aujourd'hui une recherche que nous menons sur le jeu d'argent. Il est médecin psychiatre aux Hôpitaux Universitaires de Genève et chargé de cours à l'Université de Genève. Moi-même, je suis psychologue et je poursuis une formation de psychothérapeute cognitivo-comportementale.

Cette recherche clinique a pour objectif d’explorer les facteurs psychologiques et motivationnels impliqués dans les jeux d’argent en ligne. En d'autres termes, nous espérons mieux comprendre les profils des joueurs en ligne par le biais d'un auto-questionnaire anonyme.

Nous nous intéressons aux différentes modalités du jeu d'argent sur internet, à leurs liens avec les motivations des joueurs et avec certaines de leurs caractéristiques psychologiques. Les résultats de l'étude devront préciser les types de joueurs d'argent en ligne et donc de mieux comprendre leurs besoins. Elle devrait également préciser les facteurs de protection et de vulnérabilité en regard du jeu excessif. Les conclusions pourront être utilisées ultérieurement pour le développement des sites spécialisés et pour des mesures de traitement ou de prévention du jeu excessif ainsi que pour l'aide au désendettement des joueurs. Participer à cette étude, c'est contribuer à ces développements.

Remplir le questionnaire ne prend qu'une quinzaine de minutes et nous vous remercions d'ores et déjà pour votre participation. Nous vous invitons à lire le formulaire de participation où vous trouverez le lien conduisant au questionnaire.

Grégoire MonneyGrégoire Monney, Psychologue

Service d'addictologie
Département de santé mentale et de psychiatrie
Hôpitaux Universitaires de Genève

Gregoire.Monney@hcuge.ch
Rue du Grand-Pré 70C - 1202 Genève
Tel: 022 372 57 50 Fax: 022 372 57 54



Etude «Jeux d’argent et Internet»

Formulaire d’information

Veuillez, s'il vous plaît, d'abord lire le formulaire suivant, puis remplir le questionnaire à cette adresse: https://www.surveymonkey.com/s/SQJF5VY

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Objectifs généraux de la recherche :

L’étude à laquelle nous vous proposons de participer a pour but d’essayer de mieux comprendre l’intérêt croissant porté aux jeux d’argent en ligne, tels que le poker sur Internet, le casino sur Internet, les paris sportifs en ligne. Plus précisément, notre objectif est d’explorer en quoi la personnalité (par exemple avoir un côté extraverti ou alors impulsif, etc.) et les motivations (par exemple gagner de l’argent, trouver une excitation dans le jeu ou échapper aux soucis quotidiens, etc.) influent sur la manière de jouer aux jeux d’argent en ligne ; quels jeux sont privilégiés, le contact avec les autres joueurs est-il recherché, combien de temps est passé à jouer, l’emprunt éventuel d’argent est-il nécessaire pour jouer, etc ?

Procédure :

Cette étude s’adresse à des personnes de plus de 18 ans et comprenant la langue des questionnaires (anglais ou français). Au cours de cette recherche, nous vous demanderons de répondre de façon anonyme à des questions sur le jeu ainsi qu’à des échelles qui évaluent certains traits de personnalité (tels que l’extraversion ou l’impulsivité). Ces questions sont disponibles en ligne sur le site de SurveyMonkey (http://www.surveymonkey.com/). Pour y accéder, vous devez lire cette notice d’information et cliquer sur le lien Internet en bas de ce formulaire, qui vous dirigera sur le questionnaire.

Dans le questionnaire, il vous sera demandé, si vous êtes d’accord, de participer à l’étude et si vous êtes d’accord que vos données soient inclues dans des analyses statistiques à visée de publication scientifique, après avoir bien sûr été rendues anonymes. Il vous sera également demandé si vous acceptez d’être recontacté par e-mail, trois mois plus tard, pour une seconde évaluation. Ces questions visent à mieux comprendre l’évolution des profils des joueurs en ligne à 3 mois.

On vous demandera également, à ce moment, votre avis sur différentes manières de prévenir, l’apparition d’une perte de contrôle sur les quantités de jeux d’argent en ligne consommé. En cas de non réponse au premier e-mail, vous recevrez un seul e-mail de rappel dans les deux semaines suivantes.

Le temps habituellement nécessaire pour répondre aux questionnaires devrait être d’environ 15 à 30 minutes la première fois et d’environ 10 à 20 minutes la seconde fois (moins de questions).

Confidentialité :

Les données seront traitées en toute confidentialité comme cela est prévu par la loi. Votre adresse IP ne sera pas enregistrée lors de la passation de la recherche. De plus, aucun nom, e-mail, pseudonyme, ou autre information susceptible de permettre votre identification ne sera utilisée dans les rapports ou publications issus de cette étude, ses responsables assurant l’anonymat des résultats. Les représentants des autorités et des commissions d’éthique ont un droit de regard sur les données originales, ces dernières restant toutefois strictement confidentielles.

Les données seront sauvegardées dans un premier temps sur la base de données du site SurveyMonkey et l’accès à ces données est sécurisé par un identifiant et un mot de passe. Elles seront ensuite archivées sur un disque dur sous clé dans le service d’addictologie des Hôpitaux Universitaires de Genève. Ce disque dur sera uniquement accessible aux investigateurs.

Avantages et bénéfices pour les participants :

Il n’existe pas de bénéfice direct pour vous, ni de rémunération pour la participation à cette étude. L’avantage de la participation à l’étude consiste à faire avancer l’état des connaissances sur le sujet.

Inconvénients et risques éventuels pour les participants :

Cette étude ne présente aucun risque pour vous. Vous avez la possibilité de quitter l’étude à tout moment sans en donner la raison. Aucun élément qui permettrait d’accéder à votre compte de jeu ne vous sera demandé.

Durée du projet :

Les données seront recueillies durant 1 an.

Abandon :

Vous avez le droit d’abandonner l’étude à tout moment sans en donner les raisons ; par exemple si vous ne souhaitez plus répondre au questionnaire à 3 mois après avoir donné votre adresse e-mail.

Accès aux résultats de la recherche :

Les résultats globaux de l’étude seront accessibles, sous forme résumée, sur le site Internet du service d’addictologie dès la publication des données.

Personnes à contacter :

Vous pouvez vous adresser à tout moment aux Dr Y. Khazaal pour obtenir des informations complémentaires et répondre à vos questions (tél secrétariat Dr Khazaal : 022 372 55 50). yasser.khazaal@hcuge.ch.

Cette étude a reçu l’aval du Médecin-chef du Service d’addictologie. Le protocole de cette étude a été approuvé par le «Comité d’éthique Réhabilitation et gériatrie-Psychiatrie» des Hôpitaux Universitaires de Genève.

Rendez-vous à l’adresse suivante pour la suite: https://www.surveymonkey.com/s/SQJF5VY

2012-07-16

Un nombre record d'interdits de jeu en Belgique

Un homme souffreDe nombreux Belges sont accros au jeu, mais certains en sont conscients et ont donc demandé à être exclus des casinos et autres salles de Jeux.

L'an dernier, 4.049 personnes ont volontairement demandé à être exclues des casinos et salles de jeux en Belgique. Ce nombre important d'interdits de jeu en 2011 représente une augmentation de 8% sur l'année précédente. Selon le dernier rapport annuel de la Commission des jeux de hasard, ce sont donc plus de 18.000 addicts qui ont volontairement demandé à ne plus avoir accès aux jeux d'argent et de hasard. Par contre, une personne sur deux qui entreprend cette démarche fait marche arrière quelque temps plus tard. Le chiffre d'affaires des 9 casinos officiels de Belgique a, en trois ans, presque doublé. Il est passé de 15 à 28 millions d'euros!

Le rapport de la Commission des jeux de hasard de Belgique n'explique pas la cause de cette augmentation sans précédent des profits des casinos belge, mais nous pouvons parier que la crise financière qui afflige la zone euro depuis 2010 inciterait les Belges à jouer d’avantages. Malheureusement, comme le démontre l'augmentation des demandes d'interdiction de jeu, on perd plus que l'on gagne dans les casinos... et la bonne fortune des casinotiers est inversement proportionnelle à celle des joueurs.

2012-07-14

Suisse: Les conséquences financières et sociales des jeux d’argent

TactiloTrois études récentes menées en Suisse romande nous apprennent que les jeux d’argent coûtent entre 545 et 658 millions à la collectivité chaque année, que les personnes à moindre revenu sont de plus grands joueurs et enfin que les mineurs jouent aussi aux jeux de hasard et d’argent. Ces éléments de discussion complémentaires viennent alimenter le débat sur les jeux d’argent, consécutif à la votation du 11 mars sur le sujet.

Le Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu (PILDJ), piloté par le GREA sur mandat de la CLASS, présente les dernières recherches effectuées en Suisse romande sur le thème des jeux d’argent. Ces résultats novateurs doivent permettre à l’ensemble de la population, mais aussi aux professionnels du social et de la santé, comme à ceux de l’industrie du jeu et du domaine politique de mieux cerner les enjeux liés au jeu excessif, en particulier concernant ses conséquences financières et sociales, ainsi que les groupes à risque.

Un coût important pour la collectivité

L’Institut de recherches économiques de l’Université de Neuchâtel (IRENE) et le Centre du jeu excessif (CJE), à Lausanne, ont estimé le coût du jeu excessif. En tenant compte notamment de la perte de qualité de vie du joueur et de sa famille (coût humain), le coût total estimé du jeu excessif en Suisse se situe dans une fourchette allant de 545 à 658 millions de francs par année. Le calcul du coût social repose sur trois éléments: le traitement de la dépendance (coûts médicaux directs), la baisse des performances dans la production en raison d’incapacités temporaires ou durables ou d’une moindre productivité au travail (coût indirect) et la perte de qualité de vie du joueur et de sa famille (coût humain).

Les joueurs excessifs recourent plus fréquemment aux soins de santé que la population en général, leur taux d’activité et leur revenu sont plus faibles, leur qualité de vie liée à la santé inférieure. Ce constat ressort de l’Enquête Suisse sur la Santé (ESS 2007) et d’une enquête spécifique auprès de personnes traitées pour des problèmes de jeu. Selon le Prof. Jeanrenaud, auteur de cette étude et de plusieurs recherches sur les coûts sociaux dans le domaine des addictions (tabac, alcool, drogues illégales), la prévention est le moyen le plus efficace pour diminuer les coûts pour la collectivité.

Les mineurs jouent aussi !

Suisse: Les jeunes jouent à l'argentUne étude sur la problématique des jeux d’argent chez les adolescents, réalisée dans le canton de Neuchâtel par l’Institut Universitaire de Médecine Sociale et Préventive du CHUV, indique que 37% des jeunes de 15 à 18 ans ont déjà joué aux jeux d’argent dans les 12 derniers mois, trois quarts d’entre eux sont des mineurs. La grande majorité (31.9%) sont des joueurs non problématiques, mais 4,3% seraient des joueurs à risque et 1,3% des joueurs problématiques. Cette proportion de joueurs à risque est plus importante chez les jeunes que chez les adultes. Le Dr Joan-Carles Suris, auteur de l’étude, précise que les joueurs à risque ou problématiques sont majoritairement des garçons (82%) et des apprentis (84%). En outre, la pratique problématique des jeux d’argent est fortement associée à d’autres conduites addictives comme la consommation de substances (surtout d’alcool), ainsi que l’usage problématique d’internet.

Selon le Dr Suris, des campagnes d’information, relatives aux risques et aux conséquences liés aux jeux d’argent, s’avèrent nécessaires auprès des parents, car les jeux d’argent restent considérés, tant par les jeunes que par leurs parents, comme l’un des comportements les moins problématiques. Des campagnes de prévention sur les jeux d’argent doivent, selon le Dr Suris, être intégrées dans les programmes de prévention des addictions.

L’impôt sur les jeux d’argent : les personnes aux revenus modestes paient plus

M. Dimitri Kohler, dans le cadre d’une thèse en économie de la santé à l’Université de Neuchâtel, a démontré que l’impôt sur les jeux d’argent, issu des activités des casinos et des sociétés de loteries, est supporté de manière plus importante par les personnes à bas revenus. Son enquête conclut que les joueurs à bas revenus contribuent proportionnellement de manière plus importante que les personnes aux revenus plus élevés au financement de cet impôt, raison pour laquelle il considère l’impôt sur le jeu d’argent comme régressif.

Parallèlement, la littérature internationale (Mason et al. 1989) avait déjà démontré que les personnes aux revenus plus modestes et au niveau d’éducation plus bas jouent plus souvent et rencontrent plus fréquemment des problèmes de jeu d’argent.

Le jeu excessif en Suisse

La problématique du jeu excessif est un sujet tabou, qui reste le plus souvent caché. Pourtant, 120'000 personnes en Suisse sont considérées comme joueurs excessifs (Enquête suisse sur la santé 2007). Une personne sur cinq connaît quelqu’un dans son entourage qui rencontre des problèmes de jeu (IUMSP/ISPA 2009). Et on estime à 30'000 le nombre de personnes dépendantes aujourd’hui en Suisse. La Suisse est le pays qui possède à ce jour la plus forte densité de casinos en Europe. De plus, les jeux de loteries et paris, le succès du poker Texas hold’em et la connectivité à internet renforcent cette offre importante en matière de jeux d’argent.

Le peuple suisse a accepté un nouvel article constitutionnel sur les jeux d’argent le 11 mars. Celui-ci va déclencher une révision du paysage législatif des jeux. Les éléments ci-dessus doivent pouvoir être intégrés au débat démocratique qui devrait avoir lieu sur ce thème.

Une communication du Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu (PILDJ) ++www.sos-jeu.ch++

Communiqué de presse : Yverdon-les-Bains, le 10 juillet 2012

Contacts

  • Pour l’étude sur les jeunes: M. Fréderic Richter, Coordinateur du PILDJ, 079 757 01 69.
  • Pour l’étude sur les coûts sociaux: Prof. Claude Jeanrenaud, Institut de Recherches Economiques de l'Université de Neuchâtel, claude.jeanrenaud@unine.ch, 032 718 14 05.
  • Pour l’étude sur l’impôt régressif: Dr Dimitri Kohler, 079 613 83 92.

2011-12-22

Communiqué officiel de Jonathan Duhamel

Le bracelet WSOP volé à Jonathan DuhamelBonjour,

Je désire tout d’abord sincèrement remercier ma famille, mes amis, les nombreux médias ainsi que tous ceux qui m’ont apporté un incroyable soutien depuis hier matin. Votre appui me fait chaud au cœur et m’aide à travers l’épreuve actuelle.

Tel que la police l’a déjà confirmé, j’ai bien été victime d’une invasion à domicile hier matin, alors que deux individus ont fait irruption chez moi et m’ont physiquement violenté et volé. Après avoir été menacé de mort et leur avoir remis tout ce que j’avais, j’ai été ligoté et frappé à maintes reprises au visage et au corps avant que mes assaillants quittent les lieux. Je suis heureux de pouvoir vous confirmer que je n’ai pas subi de blessures majeures. J’ai passé la journée d’hier à l’hôpital et je souffre d’un peu partout, mais je n’ai pas de fractures. Je suis aujourd’hui exténué autant physiquement que psychologiquement, mais je me compte heureux d’être en vie.

Les malfaiteurs m’ont volé de l’argent, mais par-dessus tout mon bracelet de champion du monde ainsi qu’une montre Rolex m’ayant été offerte par mon commanditaire PokerStars pour la même occasion. Je ne vous cacherai pas que ces deux items ont une valeur bien plus large que celle monétaire à mes yeux, et j’espère de tout cœur que nous serons en mesure de les récupérer dans un futur rapproché.

Mon bracelet, dont voici une photo, est un item unique au monde. Mon nom est gravé à son endos. Ma montre est quant à elle une Rolex Submarine noire avec mon nom aussi gravé. Quant à l’argent, on m’a principalement volé des billets de 500 euros, soit des billets assez rares ici.

J’apprécierais humblement que tous ceux qui pourraient avoir des informations quant à l’un ou l’autre de ces items ou aux individus ayant commis l’agression prennent le temps de communiquer avec les policiers au (450) 463-7211. Toutes les informations seront traitées anonymement.

Quant à moi, je tenterai maintenant de prendre du recul sur cette mésaventure pendant la période des Fêtes en compagnie de ma famille et de mes amis. J’espère revenir aux tables sous peu et, souhaitons-le, continuer de bien représenter le Québec sur la scène internationale en ramenant un autre titre au Québec dans un futur proche.

Merci à tous,

Jonathan Duhamel




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Des résidants de Kahnawake disent NON au casino

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Pour Jonathan Duhamel champion de la WSOP , c'est le hasard (chance) qui a été l'élément le plus déterminant de sa victoire

2011-12-16

La Société des casinos du Québec ne respecte plus ses engagements envers les Québécois

Le casino de MontréalLorsque le Québec a mis sur pied une Société des casinos en 1992 (une filiale de Loto-Québec), le gouvernement l’a doté d’un mandat clair: créer des emplois. Aujourd’hui, les casinos sont en train de rompre cette promesse faite à la société québécoise en sabrant dans sa main-d’œuvre.

«Les Casinos remplacent de plus en plus d’employés par des machines électroniques. Bientôt au casino du Lac Leamy, il n’y aura plus de caissiers, moins de croupiers, et moins de agents de sécurité. Au casino du Mont-Tremblant, la majorité des serveurs ont été remplacés par des comptoirs libre-service. À Montréal, dans un avenir rapproché on élimine le poste de portier», indique Jean-Pierre Proulx, conseiller syndical au SCFP. «À moyen terme, nous allons avoir une coquille vide et pendant ce temps le Casino se vante d’offrir le meilleur service à la clientèle à l’échelle internationale. C’est pas sérieux.»

La tendance qui se dessine consiste à remplacer les employés syndiqués par des appareils électroniques. Les casinos disent vouloir couper dans la masse salariale. «On perd des emplois sur le plancher, mais on se demande si les coupures dans la masse salariale des cadres sont proportionnelles à ce que l’on demande aux syndiqués», se demande Jean Pierre Proulx.

Le service de recherche du SCFP a présenté une demande en vertu de la loi sur l'accès à l’information afin d’avoir l’heure juste quant aux coupures et surtout sur les salaires et généreux bonis accordés à la direction.

«Tout le monde perd avec cette façon de faire dans les casinos», souligne Pierre-Guy Sylvestre économiste au service de recherche du SCFP. «Ce sont des pertes pour l’économie et la société québécoise. Les emplois vont ailleurs, ces machines étant fabriquées en grande partie en Europe et ailleurs dans le monde.»

Communiqué SCFP
Tél.: 514 384-9681

Note: La parenthèse (une filiale de Loto-Québec) à été ajouté par l'éditeur

2011-12-07

INSPQ: Les loteries trop accessibles...

Écran HD de loteries - Loto-QuébecDans un article paru sur Cyberpresse hier, l’Institut national de santé publique du Québec s’inquiète à propos de la loterie présente dans les dépanneurs et les épiceries. En 2008, quatre observateurs ont été engagés par l’INSPQ afin de faire la tournée de 341 points de vente de produits Loto-Québec répartis dans 29 villes québécoises pour analyser l’influence des jeux de loteries.

Les résultats de l’étude inquiètent l’INSPQ. Dans presque la totalité, des dépanneurs se trouvent des présentoirs de fiches de sélection de loteries, pourcentage qui est par contre plus faible dans les épiceries, mais tous sont à la vue des jeunes. Poussant l’étude plus loin, les observateurs ont constaté que presque la moitié des points de vente se trouvaient non seulement à proximité d’une école, mais également dans un quartier défavorisé.

Se basant sur les effets pervers confirmés de la visibilité des produits du tabac dans les dépanneurs et épiceries, l’INSPQ est convaincu que les enfants et adolescents sont exposés à des incitations à jouer malgré la loi sur l'accès aux loteries pour les mineurs. L’auteure principale du rapport, Élisabeth Papineau, constate :

«On n'a qu'à penser à Lotto Poker qui fait jouer la chanson Poker Face, de Lady Gaga. Il y a aussi un billet de loterie dont le prix est un iPod. Sans oublier la loterie Monopoly. Notre étude est une étude d'observation, mais on peut se demander s'il n'y a pas une normalisation du jeu là-dedans. Prenez, par exemple, la cigarette très présente dans les films d'après-guerre ou la publicité avec le cow-boy Marlboro. C'était cool. Il faut donc se demander si la promotion dans les dépanneurs rend normal l'usage des loteries pour les jeunes.» (Champagne, 2011)

Et vous, pensez-vous qu’il y a lieu de s’inquiéter? Pensez-vous que la visibilité des loteries, autant que celle du tabac, peut vraiment inciter les jeunes à jouer?

Amélie Noël
© Touts droits réservés

Promotion des loteries dans les points de vente du Québec au printemps 2008 : état de la situation
| Élisabeth Papineau | Annie Montreuil | Michèle Tremblay | Geneviève Cloutier | Joanna Cohen |

Mettre les loteries sous haute surveillance,Sara Champagne, La Presse

Images: Hors des lieux communs

2011-11-21

INSPQ: Les 15es Journées annuelles de santé publique - D'autres regards, d'autres avenues

INSPQC'est du 28 novembre au 1er décembre 2011 que se déroulera la 15e édition des Journées annuelles de santé publique (JASP), sous le thème D'autres regards, d'autres avenues, à l'hôtel Fairmont le Reine Elizabeth de Montréal. En plus d'une programmation riche et variée qui répondra aux besoins de formation des 1 500 experts, chercheurs et professionnels du réseau de la santé publique attendus pour l'occasion, les JASP accueilleront cette année la Rencontre internationale sur les écoles promotrices de santé, les 28 et 29 novembre.

28 et 29 novembre - Rencontre internationale sur les écoles promotrices de santé

Vers une nouvelle compréhension, une meilleure intégration et des actions durables et équitables : trois axes qui teintent l'ensemble des conférences plénières et des ateliers. L'objectif principal est de réunir les réseaux de l'éducation et de la santé autour d'une approche commune et inclusive qui se traduira par des actions à l'échelle locale, régionale et nationale.

30 novembre et 1er décembre - 14 thématiques collées à l'actualité

Voici un aperçu des contenus offerts:

  • L'adaptation des municipalités aux aléas climatiques.
  • Les recherches récentes sur la sexualité des jeunes québécois.
  • Les impacts sur la santé de la discrimination et des préjugés tenaces à l'égard du poids.
  • Un nouveau concept venu des pays scandinaves et des Pays-Bas : la sécurité routière durable.
  • Les enjeux éthiques et la réduction des méfaits (violence conjugale, toxicomanie et mutilation sexuelle).

Les journalistes sont invités à assister à l'ensemble des activités et à rencontrer des conférenciers de renom. Une salle de presse sera mise à leur disposition. La programmation complète est en ligne au : www.inspq.qc.ca/jasp.

15es Journées annuelles de santé publique (JASP)
Date : Du 28 novembre au 1er décembre 2011
Heure : De 8 h 30 à 17 h
Lieu : Hôtel Fairmont le Reine Elizabeth
1000, boulevard René-Lévesque Est
Montréal (Québec)

2011-11-12

Vente de billets de loterie sur Internet - La décision unilatérale de Loto-Québec surprend les dépanneurs

Affiche d'un dépanneurL'Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA) a réagi avec surprise aujourd'hui à la nouvelle publiée en une d'un grand quotidien à l'effet que Loto-Québec entend bientôt vendre ses billets de loterie sur Internet.

Bien que les 6 000 dépanneurs du Québec soient responsables de plus de 75 % des ventes de loteries, le monopole d'État n'a pas, semble-t-il, jugé bon d'en aviser ces derniers. Pour les dépanneurs, la question est maintenant de savoir quels seront les impacts sur leurs ventes et leur achalandage et, compte tenu de leur très faible marge de profit, si la société dans son ensemble en sortira gagnante.

«Tout ce qui est bon pour Loto-Québec n'est pas nécessairement bon pour le Québec» a déclaré Michel Gadbois, vice-président principal de l'ACDA. «Si la décision annoncée aujourd'hui augmentait les profits de Loto-Québec de 10 millions $ mais, en contrepartie, occasionnait la fermeture de 500 dépanneurs, jetant dans la rue 5 000 personnes et privant des centaines de milliers de personnes d'un service essentiel, je ne crois pas que M. Raymond Bachand, ministre des Finances, en serait très heureux », a déclaré M. Gadbois.

Un tel scénario n'est pas impensable: depuis 10 ans, les diverses politiques gouvernementales et réglementaires n'ont cessé de gruger la rentabilité des dépanneurs, qu'il s'agisse du prix minimum de la bière, de la contrebande de tabac, des frais élevés sur les transactions par carte de crédit ou encore de règlements rigides comme celui empêchant les dépanneurs du Québec de vendre des hot-dogs chauds alors que cela se fait partout ailleurs sur le continent. Conséquence: la rentabilité des dépanneurs n'est plus que d'un à deux pour cent, de sorte qu'il s'en est fermé, au net, plus de 600 au Québec depuis trois ans environ.

«À dire vrai, rentabiliser un dépanneur de nos jours relève de l'exploit. Dans un tel contexte, la décision de Loto-Québec pourrait être la goutte qui fait déborder le vase et provoquer une série de fermetures extrêmement dommageable pour l'économie du Québec. Ce scénario n'est pas à exclure, ce pour quoi nous allons l'analyser et le documenter», a souligné M. Gadbois.

L'ACDA-AQDA entend ainsi mener, dans les prochaines semaines, une évaluation très sérieuse et en profondeur des impacts économiques de cette décision en se fondant sur l'expérience en cours dans les provinces atlantiques et en Colombie-Britannique, à la suite de quoi elle prendra contact avec le ministère des Finances pour soumettre ces données.

«Nous verrons ainsi de quoi il en retourne. Si nous sommes à même de démontrer que cette décision n'avantage pas la société québécoise dans son ensemble, le gouvernement la renversera, tout simplement. N'oublions pas que les dépanneurs remettent 7,6 milliards $ en taxes annuellement. Ce n'est donc pas terminé, cette histoire-là », a conclu M. Gadbois.

Renseignements :

Source : Guy Leroux, Association canadienne et québécoise des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA) Cell. : (514) 993-1729 - courriel: gleroux@acda-aqda.ca

MONTRÉAL, le 12 nov. 2011 /CNW Telbec/

PHOTOS: licence creative commons: http://creativecommons.org/licenses/by/2.5/



Sur le même sujet: Loto-Québec vendra ses billets de loteries en ligne

2011-09-20

Une ex croupière dénonce les casinos

Éléonore Mainguy, ex croupièreLe témoignage d’Éléonore Mainguy, cette ex croupière avait fait fracasser l’audimètre de la plus populaire émission du Québec «Tout le monde en parle»… Le revoici en exclusivité sur JeuEnLigne.ca: Je suis une ex-croupière qui a payé cher son passage dans le «monde merveilleux» des casinos. Mon objectif n’est pas de faire pitié ni de me venger. Mon but est de témoigner d’une pénible réalité et de partager avec vous mon regard sur le triste sort de plusieurs d’entre-nous, victimes d’un système obnubilé par le profit.

Les astuces des casinos pour déplumer les clients...

Je suis une ex-croupière qui a payé cher son passage dans le «monde merveilleux» des casinos. Mon objectif n’est pas de faire pitié ni de me venger. Mon but est de témoigner d’une pénible réalité et de partager avec vous mon regard sur le triste sort de plusieurs d’entre-nous, victimes d’un système obnubilé par le profit.

Depuis que le jeu est une affaire d’État, Loto-Québec est devenu une vache à lait qui tire d’immenses bénéfices de la misère, du vice et de la maladie. Inspiré de techniques maffieuses pour lessiver les joueurs, tout est mis en oeuvre pour vider les poches du citoyen qui s’aventure au casino. Il n’y a pas seulement le joueur compulsif qui est pris dans cet engrenage… il y a aussi la personne debout de l’autre côté de la table qui est formée pour représenter les intérêts du casino: le croupier

MES DÉBUTS, MES ILLUSIONS

Lors de mon embauche, j’étais extrêmement fière. Seulement une trentaine de personnes sur 2 000 ou 3000 postulants sont engagées pour travailler dans ce milieu très fermé. La position de croupier est très convoitée. C’est un métier prestigieux, bien rémunéré et entouré de mystère. Le croupier manipule de grosses sommes d’argent et gère une table de jeux de 1 à 14 joueurs en même temps. Cette pratique requiert beaucoup de concentration et énormément de stress. Il faut être ambidextre, bilingue et calculer mentalement en des temps records. Après tous les tests psychométriques, les entrevues et la formation de 4 semaines, l’ego est gonflé à bloc. J’étais heureuse et très stimulée par le défi qui m’attendait...

Chaque croupier qui commence apporte avec lui une énergie nouvelle et rafraîchissante pour le casino. En ce qui me concerne, on me complimentait sur ma bonne humeur, mon entrain, ma personnalité et me comparait aux croupiers d’expérience aigris… Je me pensais excellente et je me disais que pour moi, tout irait bien. Je rentrais à la maison, & fière de mon rendement et de mon gros chèque de paye. Je croyais gravir les échelons jusqu’au sommet grâce à la qualité de mon animation et à ma maîtrise des différentes techniques de manipulation de cartes. J’encourageais les joueurs, les supportais et les écoutais attentivement en toute bonne foi. J’étais devenue une «jésucologue » pour mes clients. Je ne réalisais pas tout l’impact négatif de leur dépendance sur leur vie et eux, ne me la démontraient pas. Si l’on est «productif», on nous promet des promotions et des augmentations de salaire très rapide. Les patrons font du renforcement positif intensif pour t’inciter à te dépasser et ça fonctionne. Ça paraissait motivant comme défi. Je me disais qu’en donnant le meilleur de moi-même j’y arriverais. Mais je ne me doutais pas du prix à payer!

1 AN APRÈS…

Après un an, la clientèle s’avère être toujours la même ou du moins, elle se comporte dramatiquement de la même façon. Certains clients commencent à te détester parce que la chance ne leur sourit plus. J’ai commencé à prendre conscience que telle ou telle personne avait perdu énormément de sous avec moi depuis ma première journée. Alors, ils se défoulent, te dénigrent, te font des remarques désobligeantes sur tes performances. Ils t’accusent de les voler, de faire exprès ou de souhaiter leur perte. Ils t’insultent «méchante; profiteuse; démone; vache; petite crisse», te lancent leurs jetons, leur argent violemment. Ils deviennent agressifs, perturbés et te répètent les mêmes phrases sans arrêt: «paye, paye, paye», «fais-moi récupérer», «donne-moi une belle carte» , et ce, 100-300-500 fois par jour. Je ne pouvais jamais remettre le joueur à sa place. Je pouvais à peine lui demander d’être poli… il ne fallait pas qu’il se fâche et quitte la table!

Ce n’est qu’après un certain temps qu’on réussit à prendre du recul, qu’on voit tout à coup dans quoi on vient de s’embarquer. Il faut malheureusement l’avoir vécu pour comprendre les rouages insidieux du système et leur conception du service à la clientèle hors pair.

Je me suis rappelé alors les premières semaines de formation intensive où l’on m’a d’ailleurs, durant cette période, fortement suggéré de ne pas voir ni ma famille ni mon amoureux. Question de bien me concentrer sur ce que j’apprenais. On nous façonne, nous endoctrine, nous manipule. On nous fait croire que nous sommes la crème de la société. Une fois la formation réussie, on en ajoutera de nouvelles. Gestion de conflits, code vestimentaire, etc. On nous apprend tout sauf le fait que nous allons rencontrer la misère du monde, la maladie et le vice.

PROCÉDÉS FRAUDULEUX

Durant ces intenses séances de «brainwashing», on nous enseigne à détecter le rythme adéquat d’une partie. Il faut s’adapter aux clients. Chaque joueur a sa façon de jouer, sa personnalité et sa façon de… dépenser. Il faut les faire «cracher», on a presque la main dans leur poche. Ne doutez pas de l’immense influence que peut avoir le croupier sur les joueurs! Par exemple, si le client gagne, on accélérera le rythme pour qu’il s’emballe et mise plus haut. Les probabilités nous assurent que ça ne durera pas et qu’il perdra ce qu’il a gagné rapidement. Quand il commence à perdre, on diminue la cadence pour qu’il ait l’impression de perdre moins vite et d’avoir le contrôle sur ses mises. On lui laisse le temps d’analyser le jeu en cours.

«On nous façonne, nous endoctrine, nous manipule»

Puis il y a l’animation, «l’entertainment». Là aussi, il faut s’ajuster et évaluer le profil psychologique du client. Est-il là pour se valoriser? Est-il là pour passer le temps? Est-il là pour se défouler? Est-il là pour se refaire? Le client ne doit pas se sentir jugé, ni contrarié. Au contraire, il doit se sentir à son aise et en contrôle de la situation. Tout ce qui lui plaira afin de favoriser… sa perte. En fonction du tempérament du joueur, le croupier pourra gérer son attitude pour devenir complémentaire. Le jeu est simple. S’il a besoin d’impressionner, vous serez impressionnable. S’il a besoin d’être méchant, vous serez vulnérable. S’il a besoin de jaser, vous serez totalement à l’écoute. Oui, ça se complique quand il y a plusieurs joueurs, mais un bon croupier saura plaire à tous. Même si le client vous déverse son venin, vous ne pouvez pas lui dire d’aller se faire voir. Il faut être compatissant même s’il vous considère responsable de ses pertes. Je retournais chez moi complètement épuisée. Les casinos, eux, sont infatigables et insatiables.

La façon de distribuer l’argent est aussi un facteur important. Si le joueur joue moins fort, nous lui donnerons les plus petites coupures possibles. Lorsqu’il est dans une phase de panique et qu’il veut récupérer ses dettes, nous lui donnerons de gros jetons. On doit voir venir ses besoins sans qu’il ait à les exprimer. Il doit avoir l’impression qu’il gère lui-même ses jetons. Le procédé est simple. À partir du montant investi, le croupier apprend vite à calculer les gains ou les pertes du joueur. D’un seul coup d’œil sur les jetons qu’il a en main, nous savons où il en est. Les patrons ne se gênent pas pour nous donner leurs impressions: «Tu as beaucoup payé dans la dernière heure, ralentis… Ce monsieur semble t’apprécier… Tu n’as pas fait gagner beaucoup à la maison aujourd’hui», etc. On est surveillé de partout. On m’attribuait des «soleils» lorsqu’on remarquait que j’avais «pris soin» du bon client. L’employé qui avait le plus de «soleils» était éligible à un prix. Il y a aussi les statistiques sur le temps que tu mets à brasser les cartes, à payer et ramasser les mises. On examine la façon dont tu fais les choses. Puis comme dans toute entreprise, il y a les évaluations. On prend des notes sur toi jour et nuit. On évalue ton rendement à tous les niveaux. Je n’avais pas le droit de porter un parfum qui valait trop cher ou des bijoux d’une certaine valeur, il ne fallait surtout pas susciter la jalousie ou laisser croire que je gagnais beaucoup d’argent. L’objectif: le maximum de confort pour un maximum d’illusions. Tout ce beau «service à la clientèle» brillamment ficelé est conçu dans un but bien précis.

AU SERVICE DU CITOYEN

D’abord, si vous ne pouvez vous déplacer, le casino organise des autobus qui feront le voyage aller-retour, partout en région, pour un montant symbolique de quelques dollars, incluant un repas. On va aller vous chercher, peu importe où vous êtes. Tous les jours, des dizaines d’autobus bondés de retraités et de femmes au foyer arrivent à nos portes. Il m’est impossible de répertorier combien de milliers de dollars se sont évaporés entre mes mains.

L’environnement immédiat du joueur est contrôlé de manière à lui faire oublier le temps qui passe, ça vous surprend ? Il n’y a pas d’horloge dans le casino. Un peu avant que le soleil se couche, les superviseurs s’affairent à fermer les volets et les rideaux. On ne fera plus la différence entre le jour et le soir. L’ergonomie des sièges permet aux clients de rester assis des heures sans ressentir le besoin de se lever. L’éclairage ne fatigue pas les yeux, évidemment. Le son des machines envoûte, ensorcelle. Tout est calculé. Même les odeurs sont choisies parce que leurs composantes stimulent le cerveau et suscitent une sensation de bien-être et d’excitation ! Vous ne sentirez pas aisément la fatigue. On vous apportera tout ce qu’il vous faut et surveillera votre place si vous devez vous absenter.

«J’ai vu des gens déféquer sur leur chaise. J’ai vu des femmes enceintes jouer pendant 24 heures sans arrêter. J’ai vu des hommes mourir d’infarctus»

Finalement, lorsque vous déciderez de sortir du casino, il faudra traverser un parcours où se dresse une foule de tentations pour freiner vos ardeurs.

On vous offre des cadeaux, des gratuités et des rabais si vous êtes membre du casino. Plus vous dépensez et jouez longtemps, plus le casino vous offrira de payer votre chambre d’hôtel, vos repas, vos cigarettes et vos consommations au bar. En tout, 19,6 millions sont distribués sous forme de ristournes promotionnelles chaque année. J’ai vu des gens jouer 100 $ de plus pour avoir droit à un paquet de cigarettes gratuit !

LA RÉALITÉ DU CROUPIER

On passe de 8 à 12 heures par quart de travail avec les mêmes personnes à 1 mètre de distance. J’ai vu des mères de famille dépenser 400 $ en une demi-heure et repartir avec à peine assez d’argent pour acheter le matériel scolaire de leurs enfants. J’ai vu des gens déféquer sur leur chaise. J’ai vu des femmes enceintes jouer pendant 24 heures sans arrêter. J’ai vu des hommes mourir d’infarctus. J’en ai vu d’autres pleurer à chaudes larmes. J’ai vu des gens dormir dehors devant l’entrée. J’ai vu des parents jouer des heures durant pendant que leurs enfants étaient enfermés dans la voiture. Les victimes sont trop souvent des personnes âgées ou des gens pauvres. Ce que je trouvais le plus triste, c’était de voir du bon monde ordinaire, comme vous et moi, perdre leurs RÉER et leur fonds de pension, eux, qui avaient choisi ma table croyant en une chance meilleure. Parfois, ils pleuraient devant moi tout en continuant de miser. Ils m’avouaient mentir à leur famille sur leurs pertes. Ils menaçaient de se suicider. Je ne pouvais pas leur dire qu’ils avaient peut-être perdu un peu trop d’argent et qu’ils devraient prendre une pause ou jouer moins fort. Jamais je n’avais le droit de suggérer quoi que ce soit. Même le client menaçait parfois de faire une plainte si je n’avais pas une belle attitude. On ne peut donc rien faire dans l’immédiat. Parfois, on devait attendre qu’il renouvelle sa menace juste pour être certain. Je devais attendre ma pause et aller voir un superviseur qui, lui, réconfortait le client en lui offrant un verre ou en lui disant de pren-dre une pause. Mais aucune aide professionnelle n’était disponible.

Depuis l’enfance, on nous enseigne que l’on a, en tant que citoyen, une responsabilité civile envers son prochain. On se doit de porter secours à une personne en détresse. Le barman doit arrêter de servir un client trop soûl. Si le barman ne le fait pas, il peut être poursuivi pour négligence criminelle. Mais ici, on nous oblige donc à renier cette obligation civile. Au contraire, on doit tout faire ce qui est en notre pouvoir pour divertir, motiver et dépouiller le joueur. On assiste, impuissant, à la déchéance d’autrui sans rien faire pour l’aider. C’est dur sur la conscience, très malsain et déshumanisant comme milieu de tra-vail. On nous transforme en pures machines à laver, nous, les employés du gouvernement. Le problème c’est que les croupiers ne sont pas des machines!

RIEN NE VA PLUS

Après deux ans, je les détestais… tous. Je trouvais les joueurs complètement ridicules de croire qu’ils pourraient faire de l’argent au casino. Après tout ce temps, tu as assez d’expérience pour savoir qu’il n’y a pas de gagnant à long terme autre que Loto-Québec. Je les méprisais complètement. Ils étaient tous des imbéciles, des faibles. C’était à eux de se contrôler, c’était à eux de ne pas jouer, c’était leur problème pas le mien!!! C’est comme ça que les patrons souhaitent que tu penses. C’est d’ailleurs la meilleure façon de se faire une carapace pour être en mesure de ruiner des humains, jour après jour. En les haïssant, je devenais inatteignable. L’empathie n’existait plus. Ils méritaient leur sort. J’étais devenue le «croupier d’expérience aigri».

De la 3e à la 4e année, je commençais à m’essouffler, j’étais devenue un monstre de méchanceté et de rage. Je détestais les clients, mais surtout la job sale que je faisais. Je rentrais chez moi épuisée mentalement. Je pleurais presque tous les jours. Je m’interrogeais sur le rôle que je jouais dans la déchéance de tant de personnes. Est-ce que je suis en partie responsable ou complice de leur perte? Est-ce qu’ils méritent vraiment leur sort? Je m’en voulais d’être devenue une hypocrite. Je n’avais ni plaisir ni entrain, mes journées se résumaient à entretenir le vice, laver de pauvres gens et détruire ma personnalité de petite fille joyeuse.

Et puis on comprend: Les dirigeants de la Société des casinos travaillent beaucoup trop fort pour ruiner le monde sans être blâmés. Alors j’ai craqué, j’ai envoyé promener tout le monde: les boss et les joueurs. Je ne me censurais plus. À chaque injustice, je m’exprimais. Je ne laissais plus personne m’insulter et je n’encourageais plus les joueurs à miser. En peu de temps… on m’a mise dehors. «Vous ne répondez plus aux attentes du casino», m’ont-ils dit. C’est la raison qu’ils ont donnée et ils avaient, pour une fois, bien raison!

DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE

Et oui! Comme le joueur, le croupier craque. Comment s’attendre à ce qu’un être humain reste équilibré s’il est payé et formé pour alimenter le vice de quelqu’un? Comment peux-tu garder ta santé mentale quand tu contribues activement à la déchéance d’un homme et à la destruction bien souvent de toute une vie ? Sans aide autre qu’une ligne téléphonique bidon, l’espérance de vie d’un croupier n’est pas bien longue (4 ans)…

Aucun ancien croupier n’a accepté de valider mes dires, craignant les représailles et ceux qui sont toujours à l’emploi ont signé, dès leur embauche, une interdiction de parler aux médias.

De mes amis les croupiers, il y a eu des dépressions majeures. Certains ont dû se faire interner pour une bonne période. Des dizaines sont sous médication. Une grande partie de ceux-ci ont développé le jeu pathologique. Plusieurs ont sombré dans l’alcoolisme ou la cocaïne. D’autres, comme mécanisme de défense, ont développé des troubles obsessionnels compulsifs. La plupart ne travaillent plus pour le casino. La plupart ont perdu beaucoup de plumes.

Confrontés majoritairement au noyau dur des joueurs compulsifs, rares sont les croupiers qui font exception. Au bout d’un certain temps, on se brise. On craque parce que 20$ de l’heure ne suffit plus à nous transformer en voleur, en escroc. On n’en peut plus de supporter les douleurs et la maladie des joueurs. On n’en peut plus de mentir, de se sentir hypocrite et manipulateur. Qu’y a-t-il de valorisant à mener les gens à leur perte? Qu’y a-t-il de plus vicieux que de profiter de la vulnérabilité des gens en misant sur leur faiblesse?

Le gouvernement québécois a trouvé un filon pour renflouer ses caisses, comme la mafia l’a fait il n’y a pas si longtemps. La différence c’est que l’État a des responsabilités morales envers le citoyen. Loto-Québec réussit à accumuler des sommes colossales parce qu’il est géré comme une entreprise privée. Les croupiers sont envoyés en première ligne pour exécuter le contrat qu’a confié le gouvernement à sa société d’État: FAIRE UN MAXIMUM D’ARGENT SUR LE DOS DU CITOYEN. Tous les coups sont permis pour faire du profit à tout prix. Les jeux sont faits, rien ne va plus…

Doit-on en tant que société endosser le «racket» légalisé de notre gouvernement? Sommes-nous prêts à sacrifier certains de nos compatriotes à la gloire du profit? La détresse psychologique est en hausse, les profits de Loto-Québec aussi, que choisissez-vous?

Éléonore Mainguy

–Cet article a été publié originellement dans la revue SUMMUM. Sa transcription a été gracieusement autorisée par l’auteure, madame Éléonore Mainguy et par l’éditeur de la revue M. Jean-François Bougie. Ce texte est aussi disponible en version PDF -cliquez ICI|Tout droits réservés © Copyright SUMMUM 2005 - Aucune reproduction (partielle ou totale) n'est autorisée sans le consentement de l'auteur et de l'éditeur de cet article|

NOTE: Comme il fallait s'y attendre Loto-Québec et le syndicat des croupiers rejettent le contenu du témoignage de madame Éléonore Mainguy... Par contre, ce que dénonce cet ex croupière sont des faits vrai et vérifiable qui peuvent être corroboré par n'importe quel croupier et expert indépendant.

Eléonore a été membre de la coalition Éthique pour une modération du jeu (EMJEU)

Le rapport scientifique de l'expert (Jean Leblond, Ph.D. psychologie) engagé par le recours collectif "Évaluation de la dangerosité des ALV" celui-ci démontre de façon sans équivoque que les machines à sous et les appareils de loteries-vidéo on été concus et paramétrés pour développer une forte dépendance envers eux. »» sous la section "Recours collectif" du site www.jeu-compulsif.info

Je ne peux pas croire que des gens censé et intelligent peuvent croire aux allégations d'éléonore mainguy. Pour avoir travaillé 11 ans comme croupier et aussi pour avoir ete un collegue de Mme Mainguy, je peux affirmer que la plupart des allegations de Mme Mainguy sont fausses et tiennent de pures legendes urbaines. Oui certains propos peuvent etre vrai, mais entendre des choses au sujet d endoctrinement, de brainwashing et tout tout se qui entoure le travail de croupier tient tout simplement de l'illusion.....disons que pour une fille qui a pleurer 3 jours de temps apres avoir perdu son poste de croupier et pour avoir dit souvent qu'elle n'Eait la que pour le salaire, elle aurait pu trouver mieux pour demystifier ce travail.

2007-01-16 19:39:43 - ARCHIVE TQa

Les jeux sont faits : confessions d'une ex-croupière / Éléonore Mainguy. Montréal : Stanké, 2007.

Autobiographie. ISBN 978-2-7604-1042-8 : 24,95 $ Mainguy, Éléonore Biographies

HN6722 C33 Q4 2007 306.4'82092 0702

PHOTO: Journal de rue: Reflet de société

2011-08-25

L'État au banc des accusés... "Jeu compulsif: qui est responsable"

Un homme souffreLes derniers évènements tragiques où plusieurs joueurs considérés compulsifs se sont suicidés sont le symptôme d'un malaise structurel social beaucoup plus grave. Selon les études du bureau du coroner au Québec, 33 suicides dus au jeu se sont déjà produits en 1999, et pour reprendre la fameuse phrase, si la tendance se maintient, le portrait sera de moins en moins reluisant dans le futur. L'engagement des Ministres Gilles Baril et Agnès Maltais dans ce dossier est indéniable dans leur volonté sincère de régler certains aspects de ce problème social complexe. D'ailleurs, l'injection récente de vingt millions de dollars dans le champ du gambling témoigne de cette réalité.

Les derniers évènements tragiques où plusieurs joueurs considérés compulsifs se sont suicidés sont le symptôme d'un malaise structurel social beaucoup plus grave. Selon les études du bureau du coroner au Québec, 33 suicides dus au jeu se sont déjà produits en 1999, et pour reprendre la fameuse phrase, si la tendance se maintient, le portrait sera de moins en moins reluisant dans le futur. L'engagement des Ministres Gilles Baril et Agnès Maltais dans ce dossier est indéniable dans leur volonté sincère de régler certains aspects de ce problème social complexe. D'ailleurs, l'injection récente de vingt millions de dollars dans le champ du gambling témoigne de cette réalité. Ceci étant, Madame Maltais soutenait récemment devant la presse quelques affirmations qui méritent qu'on s'y attarde. Ainsi, elle mentionne que le jeu a toujours existé, que son gouvernement, comme tant d'autres, a décidé d'exercer le contrôle légal et institutionnel afin d'éviter une erreur historique telle qu'avec la prohibition l'alcool et le crime organisé et enfin, que le jeu compulsif relevait principalement d'une responsabilité personnelle propre à la personne ayant développé cette dépendance en question. Face à ses affirmations, je souhaiterais apporter quelques nuances qui m'apparaissent importantes.

Le jeu a toujours existé, oui mais…

Il n'y a aucun doute que la passion du jeu est vieille comme le monde. Le gambling, sous une forme légale, organisée ou pas, a été présent à travers l'histoire de l'humanité. Si le gambling a toujours fait partie de la condition humaine, l'engouement actuel envers ce type d'activité dépasse l'entendement social. L'histoire des législations sur le gambling constitue une source précieuse d'informations dans la saisie des repères ayant marqué la situation actuelle à travers le monde. À titre d'exemple, ce n'est qu'en 1931 que le jeu est officiellement légalisé à Las Vegas dans l'État du Nevada. Il faut rappeler que le contexte de la dépression économique de la fin des années vingt, constituait un facteur important dans le recours au jeu comme une stratégie de sortie de la crise. Depuis cette date, le modèle du Nevada est devenu la norme à travers le continent Nord-Américain et le reste du monde dans la mise en place des lois et règlements visant à implanter des casinos et des espaces de jeux.

Déjà durant les colonies en Amérique du Nord, les divergences entre les tenants du discours moral visant à dissuader les activités de gambling, versus ceux qui prêchaient le développement économique à travers les jeux de hasard, étaient déjà très apparentes. Les premières lois et règlements dans le nouveau monde étaient véhiculés par les Puritains et reflétaient grandement la protection des valeurs sacrées de l'Éthique Protestante. En 1660, les parieurs étaient punis durant les colonies et étaient sujets au fouet en public. Ainsi, on dénoncait le fait que, si quelqu'un était capable de gagner de la richesse sans travailler, la valeur du travail en serait alors minée. Dans cette optique, le recours au sort et au jeu arbitraire était prohibé comme une violation des Saintes Écitures et jusqu'en 1860, les lois anti-gambling dominaient la plupart des États. Ceci étant, le double standard devint la norme. Ainsi, en 1889, la loterie de l'État de Louisiane aux Etats-Unis, par exemple, est dénoncée comme un mal par des prêtres religieux méthodistes, alors que d'autres loteries étaient permises pour construire des routes, revitaliser des villes et leurs systèmes publics d'aquaduc ou pour faire des dons aux grandes universités telles Harvard, Yale, Princeton, Rutgers, Kings College et Dartmouth. D'une part, le jeu était donc perçu comme un danger et une source potentielle de désordre social, de l'autre, des accommodements et des exceptions étaient accordées selon les circonstances et le pouvoir des acteurs sociaux et politiques en présence.

Ce contexte s'apparente quelque peu à celui vécu en Amérique du Nord dans le cas le la prohibition de l'alcool. D'une part, il y avait la Ligue anti-bar (Anti-Saloon League) au début du 20 ième siècle avec l'appui de grandes corporations, d'industries, de juristes et du clergé à majorité protestante qui faisaient la promotion de la prohibition. Ce mouvement faisait du lobbying sophistiqué et moderne pour cristalliser ses alliances au plan stratégique en 1915. De l'autre, il a fallu attendre 1926 pour voir un mouvement d'opposition à la prohibition avec l'AAPA (Association Against the Prohibition Amendment). Cette organisation était financée par des compagnies telles que General Motors, Dupont Chemicals, American Telephone and Telegraph, Pacific Railroad, General Electric, Boeing Aicraft, U.S. Steel, etc. Ce n'est qu'en 1932, la pire année de la dépression, qu'on verra l'abolition de la prohibition. Ce qu'il faut souligner dans le cas de l'alcool, c'est le fait important que les classes ouvrières constituaient une force politique, économique et sociale qui exercait habilement les pouvoirs qui lui étaient accordés dans le "jeu politique". Alors que les populations issues des classes défavorisées sont en proportion les plus touchées par les problèmes psychosociaux et économiques liés au gambling, on ne peut parler, à ce stade-ci, de poids politique et social de la part de ces groupes.

Quant au mouvement Anti-Gambling durant cette période, il a été fondé en 1890 pour graduellement s'éteindre en 1946. Comme organisation visant à légitimer idéologiquement les actions législatives des gouvernements en place, ce mouvement avait réussi à amener sur la place publique l'idée qu'il fallait prohiber le gambling et éduquer le peuple pour des activités de loisirs autres que le gambling. Il faut rappeler que, comme avec l'alcool en Europe et en Amérique du Nord à la même période, les interventions gouvernementales en alliance avec les grandes corporations de l'époque, visaient prioritairement un contrôle des agirs des classes ouvrières, celles-ci étant vues comme la main-d'oeuvre moteur à préserver pour la réussite de l'industrialisation. Comme illustration de ce contrôle social des classes ouvrières, mentionnons le nombre d'arrestations policières à Manchester City, par exemple, où la majorité des dossiers montraient des citoyens issus de ces classes sociales.

Il a fallu attendre le 20 ième siècle, avec la littérature principalement d'inspiration psychanalytique, pour voir émerger l'idée du gambling comme une pathologie mentale. Rappelons que le gambling dans les années 50 était considéré comme une activité illégale avec une prévalence de la loi et et de la religion. À l'exception des casinos de Las Vegas et certaines églises Catholiques, ce type de discours concevait donc le gambling comme une activité rationnelle effectuée par le joueur avec une entière intentionnalité et conscience. À part deux auteurs dans la littérature psychiatrique qui avaient fait référence à la manie du gambling ("gambling mania") au début du siècle, c'est avec Bergler en 1936 et 1958 et Rosenthal en 1985 et 1987 que le gambling excessif est considéré comme une forme de désir inconscient de perdre et de masochisme psychique. Plus exactement, c'est en 1943 que Edmund Bergler écrit un article intitulé" le gambler: un névrosé incompris dans la revue Criminal Psychopathology. Cet article allait marquer le début d'une nouvelle conception du gambling et stimuler plusieurs autres publications qui allaient être des repères historiques dans l'expansion du modèle médical appliqué au gambling. De l'analyse freudienne de Dostoevsky à l'étude psychodynamique du gambling, les années 40 et 50 allaient être marquées par l'introduction de la pensée de Bergler jusqu'en 1958 avec son livre classique intitulé" The psychology of Gambling. Au dèlà de la faiblesse génèralement associée au gambler sur le plan moral, Bergler défendait l'idée que le gambler souffrait d'une névrose accompagnée d'un désir inconscient de perdre, et situait cette condition en dehors du cadre du vice et du pêché. Compris donc comme une manifestation d'une maladie intrapsychique, le gambler remplissait graduellement le rôle de la personne malade dans le sens de " sick role" de Parsons. Tel qu'avec Jellinek dans la construction sociale de l'alcoolisme, nous assistons avec le gambling à une transformation similaire où l'étiquetage du gambler pathologique s'inscrit comme une maladie de l'esprit (disease of the mind). En bref, ce qui était considéré auparavant comme un pêché, un vice, un comportement déviant et une industrie hors-la-loi, est aujourd'hui compris comme une pathologie psychiatrique teintée d'une perte de contrôle et de compulsion. De plus, et dans la mesure où un comportement est considéré socialement comme indésirable ou déviant par les groupes de personnes qui ont généralement le pouvoir de définir ce qui est socialement acceptable et ce qui l'est moins, ne peut-on pas dire que le problème du jeu dit compulsif relève plus d'un construit social et historique que le produit d'une pathologie de nature individuelle?

Et l'État dans tout ça

D'un point de vue économique, il ne fait pas de doute que les jeux de hasard représentent une occasion d'enrichissement pour divers groupes financiers publics et privés qui excellent dans le " marketing social " et dans la promotion des espaces de jeux présentés comme une occasion unique de développement économique et touristique. Dans ce contexte, le gambling est présenté comme une forme légitime de divertissement, un catalyseur pour le développement économique, une source de revenus pour divers paliers de gouvernement et un outil pour la création d'emplois pour plusieurs communautés. Ainsi compris, et en l'espace de quelques décennies, nous assistons à une augmentation sans précédent de l'accès à des formes légales de gambling dans le continent Nord-Américain. Légitimé comme une activité de loisir acceptable au plan social et classifié comme une maladie par l'Association Américaine de Psychiatrie en 1980, le gambling a, depuis cette période, été une source exceptionnelle de revenus pour les États, l'industrie privée des casinos et certaines communautés autochtones. En réponse à des coupures budgétaires par les gouvernements fédéraux, et suite à un certain déclin de revenus de taxes au plan provincial, le processus de légalisation des jeux de hasard s'est mis en branle avec une grande rapidité. Au Canada, c'est en 1969 qu'une réforme du code criminel permet la légalisation des jeux de hasard par les provinces. Déjà en 1996, le rapport de congrès national du bien-être social révélait que plus de la moitié des Canadiens s'étaient adonnés au jeu occasionnellement avec un nombre significatif de personnes sur une base hebdomadaire.

Selon plusieurs sources, les montants dépensés dans les activités de jeux de hasard au Canada sillonnaient entre 20 et 30 milliards de dollars, dont 4.6 milliards sous forme de loteries, alors qu'aux Etats-Unis les montants d'argent légalement investis dans cette industrie depuis vingt ans ont augmenté de 3000 %. À titre d'exemple, les Américains ont dépensé la somme de 586.5 milliards de dollars dans les activités de gambling durant l'année 1996 seulement.En ce qui a trait au domaine de la création d'emplois, cet essor s'est traduit également par une augmentation de la main d'oeuvre canadienne oeuvrant dans cette industrie qui est passée de 8262 en 1985, à 24.297 douze ans plus tard. Ce contexte, vu comme favorable, a permis l'ouverture de casinos permanents à l'échelle du pays en Ontario (Windsor, Orillia, Chutes du Niagara, Gloucester), au Québec (Montréal, Hull, Charlevoix) en Nouvelle Écosse (Halifax et Sydney), au Manitoba (Winnipeg), en Saskatchewan (Régina) et dans plusieurs communautés autochtones. Au Québec, l'exercice financier de Loto Québec en 1998-1999 montre un nouveau record de chiffres d'affaires de plus de trois milliards de dollars avec un bénéfice net de 1,2 milliard de dollars pour le trésor public.

S'il y a apparence d'un certain bien-être économique avec l'introduction légale des jeux du hasard, plusieurs individus, organisations et communautés s'opposent à la multiplication des casinos, aux loteries de toutes sortes, aux appareils de loterie vidéo et aux machines à sous. Pour une variété de raisons, qui vont des croyances religieuses aux impacts psychosociaux négatifs auprès des personnes qui développent des problèmes de dépendance, certains voient dans l'étalement des espaces de jeux de hasard une exploitation étatique et privée des plus pauvres, ou comme dirait Eadington une " taxe pour les stupides ". D'ailleurs, des enquêtes menées aux États-Unis depuis une trentaine d'années, montrent que les pauvres investissent un plus grand pourcentage de leurs revenus dans les loteries et autres jeux que les milieux aisés.

En lien avec ces défis, une étude récente de Coram sur le facteur chance selon les classes sociales, conclut que, contrairement aux croyances populaires à l'effet que la chance est égale pour tout le monde, la chance n'a pas le même impact égal sur les riches que sur les pauvres. À partir de tableaux axés sur la distribution de probabilités, Coram démontre bien que les probabilités de se ruiner avec le jeu sont plus plausibles à l'intérieur d'une seule génération pour les pauvres alors que cela prend plusieurs générations pour les classes sociales plus favorisées et qu'elles sont de 30% pour les pauvres et d'un peu moins de 8% sur 1000 pour les riches. Ce constat est bien reflété dans la réalité sociale de ce début de troisième millénaire dans le champ du gambling. En effet, nous remarquons que les groupes sociaux ayant développé la dépendance aux jeux de hasard se recrutent principalement auprès de catégories sociales à faibles revenus avec une plus grande exposition de leurs symptômes dans les espaces sociaux publics, les groupes plus aisés préférant emprunter des trajectoires plus privées dans les tentatives de solution aux même problèmes.

Il y aurait également des conséquences négatives au niveau d'un certain démantèlement des réseaux communautaires et des liens sociaux et familiaux existants, qui peuvent se traduire par un nombre de plus en plus élevé de sans-abris ayant eu une trajectoire de joueurs invétérés, de comorbidité psychiatrique et de tentatives de suicide. Les populations de jeunes, de femmes, d'autochtones et des aînés seraient également les groupes sociaux qui sont les plus touchés par l'augmentation et l'incidence des jeux de hasard.

De plus, la dépendance mixte au jeu, à l'alcool ou aux drogues en contexte de gambling, produirait une prévalence qui serait 5 à 10 fois plus élevée dans une population de joueurs pathologiques en traitement que dans la population en général. Dans cette perspective, une étude en Alberta révèle un taux de 63,3 % d'alcooliques parmi les joueurs pathologiques, comparativement à 19% dans le reste de la population et 23,3 % des individus ayant un problème de jeu sont également toxicomanes, comparativement à 6,3 % au sein de la population en général. L'intensité du jeu serait également corrélée à l'usage abusif du tabac et à l'état d'ébriété auprès de jeunes adultes universitaires.

Un autre indicateur important de ce malaise social croissant est celui de l'augmentation impressionnante des demandes d'aide téléphonique par les citoyens. Au Québec, et depuis la création du premier casino en 1993, plus de 22.000 personnes ont eu recours au service téléphonique d'écoute, d'aide, et de référence de nature anonyme et confidentielle. Il faut rappeler que ce service est financé par Loto-Québec et ses filiales, et est assuré par le Centre de Référence du Grand Montréal.

Au plan social et politique, certains voient dans la situation actuelle un signe de " banqueroute politique ", dans la mesure où le débat réel sur une certaine ambiguïté des rôles de l'État n'est pas effectué et ce, en mettant principalement en veilleuse les dimensions sociales sous-jacentes à ce phénomène. Dans cette optique, une étude sur l'impact des casinos dans la communauté de Windsor en Ontario, révèle que les problèmes psychosociaux reliés au gambling sont en forte augmentation depuis les deux dernières décennies. Ainsi, l'augmentation de l'accès aux casinos explique la corrélation d'une plus grande prévalence de problèmes de dépendance au jeu et de comportements considérés comme pathologiques. Déjà en 1976, une étude scientifique à l'échelle nationale du phénomène démontrait qu'à Las Vegas, l'accès généralisé à diverses formes de gambling se traduisait par un taux de dépendance au jeu qui est était trois fois supérieur à la moyenne nationale.

En termes de prévalence, nous remarquons que les taux sont, toute proportion gardée, de plus en plus élevés dans le temps et le sont en corrélation avec le nombre d'années d'exposition dans les communautés respectives, à savoir, plus il y a accès aux jeux du hasard, plus l'incidence augmente. Il faut souligner également le taux de prévalence très élevé de problèmes liés au gambling chez les jeunes et chez les communautés autochtones, ce qui est très préoccupant, certains chercheurs n'hésitant pas à parler d'épidémie silencieuse du jeu. Dans la mesure où les jeunes, par exemple, commencent à s'adonner aux jeux de hasard de plus en plus jeunes et sur une base plus fréquente, et que les autochtones affichent un taux de plus grande prévalence, la tendance ne risque pas de s'amenuiser si des actions collectives et concrètes ne sont pas prises pour adresser clairement les problèmes actuels et futurs auprès de ces populations plus vulnérables.

La situation actuelle soulève des questions d'ordre social mais également d'ordre politique et éthique. En effet, et dans la mesure où les gouvernements impliqués dans la promotion du jeu utilisent des techniques de marketing des plus sophistiquées auprès de groupes sociaux, généralement parmi les plus faibles, sont les mêmes instances qui sont censées protéger les populations et l'intérêt public, nous assistons alors à un double discours teinté de conflit d'intérêt et à des contradictions fondamentales qui méritent d'être soulignées. Dans cette perspective, on peut se poser certaines questions. Jusqu'à quel point les citoyens sont réellement informés des enjeux psychosociaux entourant le gambling? Est-il pensable que les techniques et les stratégies utilisées par les gestionnaires des casinos en vue d'un certain contrôle de comportement des populations fréquentant les casinos soient accessibles aux citoyens et citoyennes? Comment se fait-il que ces pratiques ne sont pas du tout connues du public? Tel qu'avec la question du tabagisme, où l'industrie du tabac a mis en veilleuse les informations précieuses pour les citoyens durant des décennies, il serait louable de faire circuler un certain nombre d'informations qui pourraient contribuer à une certaine prévention de l'incidence telle que nous la connaissons aujourd'hui. À titre d'exemple, on pourrait s'inspirer de certaines méthodes appliquées aux Pays-Bas où le joueur est informé objectivement sur une base continue et invité à soupeser le pour et le contre avant qu'il ne s'adonne au jeu.

En ce qui concerne la classification actuelle de l'abus au jeu comme une pathologie telle que décrite au DSM-IV, l'État s'appuie justement sur cette version qui privilégie la défaillance individuelle plutôt que la co-responsabilité sociale dans la création de conditions propices aux dépendances. Alors que le débat scientifique sur cette question est loin de faire l'unanimité, on n'a qu'à penser aux variances culturelles ou sociales dans le rapport au jeu qui remettent en question fortement le discours associant la dépendance au jeu à une maladie psychiatrique ou à une compulsion accompagnée d'un manque de contrôle, l'État nous présente ce phénomène comme un problème individuel auquel il faut répondre avec des traitements majoritairement axés sur l'individu plutôt que sur son milieu immédiat et son environnement (familles, communautés, etc). Quand on pense aux campagnes de promotion du jeu qui socialisent de plus en plus cette activité, tel qu'avec les autobus des casinos qui offrent des forfaits et des spéciaux, incluant le transport et souvent un repas dans l'enceinte du casino pour les personnes âgées, on peut se poser de sérieuses questions sur la finalité de ces gestes et mouvements. En effet, ces personnes sont prises en charge du début à la fin de la journée dans un but de divertissement géré par le casino, avec comme arrière-plan le fait que ces activités remplacent graduellement les activités sociales communautaires ou de loisirs, autrefois mises sur pied par ces mêmes personnes âgées dans leur propre communauté.

Un autre argument que l'État véhicule dans ce dossier est le fait qu'il assume ses responsabilités quand il s'agit d'investir dans les traitements ou programmes visant les personnes ayant développé des abus, que ce soit les programmes d'auto-exclusion pour les joueurs à problèmes- la revue de la littérature à ce sujet ne montre d'ailleurs pas de résultats concluants face à ce type de programmes- la formation d'intervenants compétents dans ce domaine, la recherche ou l'organisation de campagnes de prévention auprès des jeunes via des productions vidéo, etc. Ces interventions, bien qu'importantes, sont et restent infiniment petites quand on considère l'ampleur du phénomène et la réalité des enjeux psychosociaux et économiques qui s'y rattachent. Sous cet angle, on peut dire que c'est dans une logique de réaction aux problèmes et non de prévention réelle, que l'État intervient dans ce dossier complexe. On ne peut concilier à long terme le double standard et l'ambiguïté des rôles des gouvernements, à savoir de promoteur du jeu avec celui de protecteur des citoyens au plan public, car cela constitue un obstacle majeur à une mise en place d'une politique efficace socialement acceptable et légitime au plan éthique.

À la lumière de ces brèves références, nous remarquons que, malgré le nombre impressionnant de recherches sur le gambling, le regard dominant envers cette condition passe principalement par la pathologie tout en mettant en veilleuse les facteurs macro-contextuels explicatifs de nature politique, historique, culturelle et psychosociale dans la construction d'un tel discours. Cette définition est jusqu'à nos jours la version dominante dans la saisie du phénomène du gambling. Nous observons également que les modes d'usage du gambling et de sa conception varient dans le temps, celles-ci renvoyant à des réactions sociales dans l'espace public qui différent selon les acteurs sociaux en présence, les classes sociales, le contexte économique, historique et politique. Sous cet angle, peut-on penser le gambling comme un problème social qui se construit dans le temps plutôt qu'une pathologie?

En conclusion, on peut dire que l'État se désengage d'une part de ses responsabilités dans la mesure où il présente ce problème social complexe comme relevant d'une défaillance plus individuelle que collective alors qu'il est le principal maître d'œuvre des casinos et des divers espaces de jeu. Tant et aussi longtemps que le débat sur ces aspects n'est pas effectué, nous continuerons à produire de plus en plus de joueurs dits compulsifs, assister à des drames de suicide, de violence familiale, de sans-abris, etc. Enfin, et dans la mesure où le gambling est là pour rester, l'État pourrait, au contraire, accepter cette part de responsabilité et agir en conséquence, c'est-à-dire travailler à réduire à la base cette grande ambiguïté dans son discours et ses actes, car pour le moment, il contribue directement à la production de conditions propices aux jeux et à la vente d'utopies surtout pour les plus démunis au plan social et économique. Comme disait Pfhol les " gamblers malades" n'existent qu'en relation à ceux qui tentent de les contrôler.

Ammon J. Suissa: L'auteur est professeur au département de Travail social de l'Université du Québec à Hull, spécialisé dans le champ des dépendances (alcoolisme, toxicomanie et gambling)

Cet article a été publié la première fois à l'été 2002 et en 2008 sur ToxicoQuébec actualités. Nous le rééditons car son contenu demeure d'actualités

  • An to Western culture is more often associated with deviance and criminality (Szasz, 1989). Cannabis constitutes a striking example of these paradoxes insofar as current laws place consumers in a position of deviance and exclusion, even imprisonment. Apart from some cases of tolerance of consumption for health reasons, especially in the case of persons with AIDS, cancer and glaucoma, this is still the status quo in Canada, even though half of all citizens in Quebec, for example, are ready to decriminalize the consumption of cannabis for personal use (Nadeau, 1995; Nolin, 2000). According to recent figures from the Canadian Centre on Substance Abuse (CCSA, 1998), over half of the 63,851 cannabis-related offenses recorded in 1995 were cases of simple possession. Every year, over 2,000 Canadians are imprisoned for cannabis possession, at a cost of $150 per day, and 92% of all

2011-08-21

Litige entre Espacejeux et la LTPQ

Main gagnante: 4 ASLoto-Québec et la Société du jeux virtuel du Québec poursuivent Poker Trail Management inc. pour de 175.00 $ - Réplique d'André Boyer fondateur de la LTPQ et V-P de Gestion Poker Tour.

Le 8 mars 2011, Gestion Poker Tour-Poker Trail Management inc., chef de file au Québec dans la gestion de circuits de tournois de Poker signait en toute confiance un contrat de commandite pour la Ligue de tournois de poker du Québec-LTPQ, qui a près de 40,000 membres au Québec, et Espacejeux / Société du Jeu Virtuel du Québec inc. (SJVQ), une filiale de Loto-Québec, rendant les deux parties impliquées dans un partenariat d'affaires.

Dans ce contrat, une clause d'exclusivité était incluse, ce qui signifiait que la Ligue de tournois de poker du Québec - LTPQ devait cesser toutes activités avec ses partenaires existants dont Party Poker ainsi que tous les autres contrats de commandites tels que celui avec Snake's Poker Room qui rapportaient des revenus réguliers à la ligue.

Ce partenariat promettait une visibilité du site de jeu en ligne d'Espacejeux, des Casinos du Québec et d'une plate-forme de jeu en ligne aux membres de la ligue comme ce fut le cas pour Party Poker et en retour, une visibilité inégalée de la ligue au Québec.

Suivant l'annonce au grand publique de ce premier partenariat d'Espacejeux / SJVQ lors d'une des grandes finales de la ligue qui a eu lieu au Casino du Lac Leamy où plus de 260 joueurs finalistes étaient reçus par la ligue en mars 2011, un évènement d'ouverture sur la plate-forme d'Espacejeux.com quelques jours plus tard fut couronné un succès auquel plus de 600 membres de la LTPQ ont participé.

Pierre Martel, président de Gestion Poker Tour a eu plusieurs rencontres aux bureaux d'Espacejeux, avec leurs dirigeants et plusieurs employés de leurs différents départements. Il fut même sollicité aux bureaux de la Société des Casinos du Québec afin de leur fournir des idées sur la structure qui pouvait être mise en place avec les trois différents paliers, la LTPQ pour des tournois de qualifications «Live / en personne», le jeu en ligne qu'est Espacejeux pour des qualifications sur internet et les Casinos du Québec pour les finales.

Gestion Poker Tour implanta et finalisa ses obligations au contrat tel que l'intégration des logos d'Espacejeux ainsi que l'intégration d'Espacejeux sur le site web de la LTPQ au coût de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Espacejeux commença à remettre et annuler les rendez-vous que Pierre Martel avait pris afin de connaître et finaliser les développements. C'est à ce moment qu'on lui annonça que M. Alain Brosseau, chef de projet d'Espacejeux et contact pour le contrat était absent pour une période d'un mois. C'est à partir de ce moment que notre enthousiasme envers le partenariat a diminuer et nous sentions que ce n'était plus partagé.

Quelques semaines plus tard, Espacejeux décide d'implanter une série de tournois exclusive aux membres de la LTPQ sans nous impliquer, série de tournois qui fut un échec total, car elle fut jouée durant les activités et évènements réguliers de la LTPQ.

En plus, Espacejeux organisa un Tournoi des Célébrités, encore une fois, sans nous impliquer, après que le Tournoi des Célébrités ait été organisé par nous huit fois lors des quatre dernières saisons.

Entre la signature du contrat le 8 mars 2011 et aujourd'hui, les pertes combinées, soient pertes de revenus et dépenses accrues, sont de l'ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars et non 35,000 $.

Espacejeux remet constamment ses obligations à payer Gestion Poker Tour comme stipulé dans le contrat. Ce n'était malheureusement pas le premier manquement d'Espacejeux à faire un paiement.

C'est la raison pourquoi nous avons dû prendre les moyens de se faire payer nos dues lorsqu'Espacejeux est tombé en défaut de paiement pour une deuxième fois.

Suite aux évènements des derniers mois, pour nous faire payer, nous n'avons eu d'autres choix que de mettre en demeure Espacejeux pour non-respect de paiement comme stipulé dans leur contrat avec Gestion Poker Tour.

Pour une ligue SOCIALE dont l'activité principale est de faire des tournois légaux et GRATUITS, jumelés à des événements FONDATION et dont le premier but est de s'amuser entre amis, de subir des pertes de l'ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars sont suffisant pour entrainer des problèmes financiers.

Pourquoi ces agissements contre une ligue de tournoi récréatif qui a toujours suivi les lois, quand le poker à l'argent qui est illégal est prospère dans la majorité des bars du Québec et opère à ciel ouvert? Pensez-y deux minutes!

Depuis cette mise en demeure, aucun paiement n'a été effectué. Après les délais proscris, Gestion Poker Tour a annulé le contrat entre les parties, mais Espacejeux répliqua en disant que c'est eux qui annulaient le contrat et ont maintenant intenté une action contre Gestion Poker Tour pour 175,000 $.

Suite à cette poursuite de Loto-Québec qui nous a été signifiée le 6 juillet 2011, nous n'avons d'autres alternatives que de suspendre toutes les activités de la ligue à partir d'aujourd'hui le 14 juillet, jusqu'au règlement de cette poursuite.

Vous comprendrez que due à des circonstances hors de notre contrôle, la deuxième finale du Circuit Hold'em qui devait avoir lieu le 16 juillet au Poker Aréna de Repentigny sera remise au 3 septembre 2011.

Gestion Poker Tour s'est toujours acquitté de ses obligations envers les joueurs de la LTPQ. Depuis sa création en octobre 2007, c'est plusieurs milliers de joueurs qui ont participé à des évènements majeurs organisés par la ligue et c'est plus de 700 joueurs qui ont eu la chance de participer à des tournois majeurs de poker reconnus mondialement.

Soyez assuré que nous entreprendrons tous les recours et poursuites nécessaires. Gestion Poker Tour n'acceptera pas que la réputation de ses dirigeants soit atteinte comme elle l'est en ce moment.

Notre force est de travailler ensemble pour que le dénouement devant la cour soit en la faveur de tous les membres. Merci pour votre soutien et soyez assurés que nous allons combattre de toutes nos forces.

André Boyer
Vice-président, Gestion Poker Tour-Poker Trail Management Inc.
Montréal, le 14 juillet 2011



NOTE d'Alain Dubois Co éditeur: Ce communiqué que l'on retrouve sur plusieurs sites et forums dédiés au poker a été initialement publié sur le site de la LTPQ. À la suite d'une mise en demeure des avocats de Loto-Québec, la ligue a du retirer ce communiqué publié sur leur site le 14 juillet à défaut de quoi des procédures en injonction seraient intentées contre la ligue. Je comprends mal la stratégie de Loto-Québec de vouloir se mettre à dos les 40.000 membres de la LTPQ... Il est probable que cette attitude de LQ incitera de nombreux membres de cette ligue de poker à se détourner de l'offre de jeu (légal) et à se plutôt diriger vers les salons de poker "illégaux" que l'on retrouve sur Internet et dans la réserve indienne de Kahnawake.

2011-05-13

Loto-Québec joue un jeu dangereux

Lady Gaga - The Monster Ball - Poker Face(Par Alexandre Thériault-Marois) Je suis fier que le Québec puisse compter sur une société d'État comme Loto-Québec. Une société publique qui régule un loisir, mais un loisir qui peut rapidement devenir un fléau.

Le consensus est général: le jeu n'est pas mauvais en soi, mais il importe d'être contrôlé pour éviter les débordements sociaux et fiscaux. Afin d'atteindre cet objectif d'équilibre, nous avons choisi, au Québec, de confier le jeu à une société d'État. Ainsi, celle-ci veillera à contenir les débordements. Mais elle fera également d'une pierre deux coups?: les profits iront au trésor public. Fort bien. Mais certains se montrent ambitieux et voudraient (trop) pousser l'expérience.

Sous l'unique spectre économique, le jeu en vaut la chandelle. À la recherche d'une nouvelle clientèle, Loto-Québec cherche à vendre le jeu aux jeunes. Or, ces derniers aiment le poker et craquent pour la chanteuse Lady Gaga. On apprenait donc cette semaine que notre société d'État allait acheter pour près de 300 000$ les droits de la chanson de l'heure, Poker Face, afin de vendre un nouveau produit, Lotto Poker.

De l'aveu même du porte-parole, Loto-Québec «recherche la clientèle des jeunes dans la vingtaine et dans la trentaine, et Lady Gaga est plus populaire auprès de cette clientèle-là». Maintenant, pensons un instant qu'il s'agit d'une société d'État, dont la totalité des actions appartient au ministre des Finances du Québec. Pourquoi, alors, le gouvernement tente-t-il de faire jouer les jeunes? Pour remplir ses coffres? Nous donner de quoi payer nos hôpitaux? Soyons sérieux. Une taxation responsable fait son possible pour taxer un comportement nuisible, non pas l'encourager. On ne crée nullement de la richesse par cette publicité envahissante de Loto-Québec. Mais nous créons au contraire un coûteux problème social.

Les 14 et 15 mai, l'ADQ proposera à ses membres de confier la gestion de Loto-Québec au privé. Il serait douteux d'utiliser le même argument que pour la gestion par le privé de la SAQ, où l'on argumente que la bouteille de vin coûtera 10% de moins. Il n'est pas non plus question d'augmenter le taux de remise afin de convaincre les joueurs d'augmenter leurs achats de billets de loterie. Il s'agit plutôt, selon l'ADQ, d'augmenter «de plus de 200 millions de dollars le dividende qu'elle verse annuellement dans les coffres de l'État».

Si l'ADQ vise ainsi à réduire les coûts de fonctionnement de la société et d'économiser dans son administration, soit. Mais je doute que l'on sauve 200 millions en «coupant dans le gras». Il s'agit, évidemment, d'augmenter le bassin de joueurs et leurs achats respectifs. Or, nous revenons au même questionnement: est-ce réellement souhaitable que l'État québécois engrange des deniers supplémentaires en encourageant les jeux de hasard?

Vidéo-poker, jeu en ligne, publicité omniprésente et destinée aux jeunes, casinos: la liste des contentieux commence à s'étirer. Alors que des études montrent que 5% des Québécois admettent avoir des problèmes de jeu et que même Loto-Québec admet que la proximité et l'accessibilité sont des facteurs importants, il est grandement temps de pousser la réflexion sur la place du jeu au sein de notre société.

Alexandre Thériault-Marois, président de la commission politique du Parti québécois.

Photo: John Robert Charlton

2011-04-09

Loto-Québec : le jeu en ligne en vaut-il la chandelle?

Loto Québec et le jeu en ligne: savoir tirer la plogueCréée en 1969, Loto-Québec est la première société d'État au Canada à offrir des jeux de hasard et d'argent à sa population. À l'époque, les raisons justifiant la mise sur pied d'une loterie publique au Québec sont diverses : détourner les revenus issus des jeux de hasard du secteur privé vers le public, gérer l'offre de ce type de jeux de façon avantageuse, exploiter la loterie de façon responsable.

En effet, la nationalisation des jeux de hasard représente alors beaucoup plus qu'une nouvelle source de revenus pour l'État. Elle permet au gouvernement québécois de baliser le phénomène des jeux d'argent selon des principes et des valeurs partagées par les Québécois. Les conséquences socio-économiques et sanitaires des jeux de hasard commencent à se faire connaître et c'est pourquoi, dans la foulée de la Révolution tranquille, le gouvernement du Québec décide de prendre en main la gestion de ce produit « dangereux », pour le bien du peuple québécois.

D'ailleurs, comme la Constitution canadienne ne spécifie pas de quelle juridiction relève la gestion des jeux de hasard, le gouvernement fédéral met lui aussi sur pied, en 1972, une société d'État dans ce domaine, mais, contestée par les provinces et surtout par le Québec, elle est dissoute quelques années plus tard. La loterie devient une compétence provinciale.

Un réflexe hasardeux

Aujourd'hui, le peuple québécois fait face à une nouvelle forme de jeu de hasard: les jeux d'argent sur internet (JAI). Florissante, l'industrie des jeux d'argent en ligne représente des milliards de dollars à l'échelle planétaire, revenus qui bénéficient au secteur privé et aux quelques sociétés d'État du monde ayant décidé d'offrir, elles aussi, des jeux d'argent sur le web.

Le réflexe de Loto-Québec : développer une plateforme de jeu en ligne pour rapatrier ces sommes et regarnir les coffres de l'État. Pourtant, selon l'Institut national de santé publique (INSPQ), «les données sur l'efficacité de l'étatisation comme stratégie d'endiguement de la clientèle internationale, de mitigation des problèmes liés au jeu et de protection des consommateurs restent fragmentaires ».

Loto-Québec base elle-même sa décision sur des présuppositions et des données incomplètes. Or, les enjeux de santé publique liés à l'étatisation des JAI sont importants. À titre d'exemple, l'INSPQ nous dit que « les données disponibles sur la Suède, la Colombie-Britannique et les provinces maritimes, où ces modalités de jeu sont exploitées, témoignent de taux de participation et de prévalence de problèmes significativement plus élevés ». Les conséquences les plus graves sont d'ailleurs observées auprès des jeunes, des femmes au foyer et des moins nantis, les segments les plus vulnérables de la population.

Le réflexe de Loto-Québec de développer sa propre plateforme de jeux d'argent sur internet est-il prudent dans ce contexte? Poser la question est y répondre. La publicité faite par la

société d'État pour attirer sans cesse de nouveaux citoyens vers les jeux d'argent, parmi lesquels se retrouvent également les personnes les plus vulnérables, nous semble d'ailleurs tout aussi hasardeux. Si les objectifs initiaux de Loto-Québec étaient de détourner l'argent issu des jeux de hasard du privé vers le public, pourquoi doit-elle aujourd'hui faire autant de publicité sur ses produits?

Des études sérieuses

Pour le bien de la population québécoise et pour le respect de la mission de Loto-Québec, la société d'État doit fonder ses décisions sur des études sérieuses et crédibles en matière de JAI et cesser la publicité excessive dont elle est responsable. Offrir le jeu en ligne lui permet-elle de détourner les fonds du secteur privé vers l'État ou n'accroît-il pas simplement l'offre de JAI? Les bienfaits de l'étatisation du jeu en ligne sont-ils supérieurs à ses méfaits? En bref, le jeu en vaut-il la chandelle?

Les réponses à ces questions sont lourdes de conséquences et c'est pourquoi nous demandons aujourd'hui au Parti québécois d'inclure dans son programme l'interdiction pour Loto-Québec de faire de la publicité, à l'exception de la commandite d'événements, ainsi que l'abolition de la plateforme de jeu en ligne développée en toute hâte par la société d'État l'année dernière. Les délégués du congrès national auront en effet à se prononcer sur une telle proposition.

Dans les années 1960, le Québec s'est pris en main en créant une société d'État capable de protéger le peuple québécois et lui fournir des revenus importants. Affirmer que Loto-Québec a permis à la nation québécoise de s'épanouir n'est pas une exagération. Chaque fois que nous nous libérons d'un fléau social par nous-mêmes et pour nous-mêmes, nous nous libérons comme peuple, comme nation. Qui plus est, en misant sur une social-démocratie de résultats, nous donnons confiance aux Québécois en leur État. Aujourd'hui, usons de prudence afin de ne pas trahir la volonté des bâtisseurs de notre pays et continuer à faire du Québec une nation toujours plus libre.

Raymond Archambault, Louise Fournier, Émile Grenier-Robillard, Gabrielle Lemieux, Brian Martel, Rim Mohsen, Christine Normandin, Robin Philpot, Étienne Pomerleau- Landry, Frédéric Roiné et Alexandre Thériault-Marois

Les auteurs sont des militants du Parti québécois. Ils signent ce texte en prévision du congrès national du PQ qui aura lieu du 15 au 17 avril.

Image: Reflet de société Image

2011-02-12

Loto-Québec lance des jeux en ligne aux allures de loterie vidéo

Kathleen Levesque, journaliste, Le Devoir(Kathleen Lévesque, Le Devoir) Loto-Québec vient d'augmenter son offre en ligne avec quatre nouveaux jeux qui s'apparentent aux controversés appareils de loterie vidéo (ALV).

C'est ce que soutient le docteur en psychologie Jean Leblond, qui a agi comme expert dans le recours collectif contre Loto-Québec sur la dangerosité des ALV et qui a été réglé à l'amiable l'année dernière. «Les jeux en ligne sont des rejetons des ALV. Il y a une filiation héréditaire», affirme M. Leblond. Loto-Québec, il s'agit «d'avoir une offre diversifiée et concurrentielle par rapport aux 2000 sites illégaux qui existent». Ce ne sont pas des ALV, insiste la porte-parole de la société d'État, Marie-Claude Rivet. «Nous n'en avons pas et nous n'en aurons pas», a-t-elle ajouté après avoir parlé au p.-d. g. de Loto-Québec, Alain Cousineau.

Jean Leblond estime toutefois, après avoir expérimenté les nouveaux jeux, que les similitudes sont grandes avec les ALV. Ce serait particulièrement vrai pour le jeu Pyramide.

La mécanique des jeux des ALV, proposant aux joueurs de remettre en jeu leurs gains afin de passer à la ronde «boni», n'est pas différente des étapes proposées aux joueurs pour atteindre le sommet de la Pyramide. «La motivation est la même avec un taux de remise élevé et la fréquence de gains intermédiaires», dit Jean Leblond.

Dans les bars, les ALV ont un taux de remise de 92 %, alors que le jeu Pyramide dépasse les 95 %. La situation inquiète M. Leblond: «Le taux de remise, c'est l'équivalent du taux d'alcool. C'est ce qui fait qu'un jeu a le potentiel d'être dangereux. Avec l'usage, plus le taux de remise est élevé, plus il y a de risque que les processus psychologiques incitent à jouer.»

De son côté, Loto-Québec rappelle que les taux de remise correspondent à ceux offerts sur les sites illégaux et que c'est une décision strictement commerciale.

Dans cette logique, le comité de suivi du jeu en ligne mis sur pied pour accompagner Loto-Québec n'a pas été sollicité. La présidente du comité, Louise Nadeau, précise d'ailleurs que «le groupe de travail ne s'est pas intéressé aux nouveaux jeux en ligne. On va attendre l'évaluation des données avant de se prononcer».

Loto-Québec a toutefois demandé conseil à Richard Wood qui avait déjà produit une étude lorsque la société d'État a lancé Espacejeux. Or, M. Wood est à la fois un expert et un homme d'affaires qui vend des produits dans l'industrie du jeu en ligne, notamment en Suède. La situation fait dire à Jean Leblond que M. Wood est «peu crédible».

Kathleen Lévesque, LE DEVOIR, 10 février 2011 , Québec, Transcription autorisée
Texte original de l'article ICI

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