Documents scientifiques

Mémoire déposé au ministère des Finances Étatisation des jeux d’argent sur Internet au Québec UNE ANALYSE DE SANTÉ PUBLIQUE, Mars 2010

AUTEURS:

Élisabeth Papineau, PH. D., chercheure

Direction du développement des individus et des communautés
Institut national de santé publique du Québec

Jean Leblond, Ph. D., Psychologie Chercheur indépendant

Documents PDF à télécharger

Aperçu du mémoire: ICI

ISBN : 978-2-550-58587-9 (VERSION IMPRIMÉE)
ISBN : 978-2-550-58588-6 (PDF) _

Enjeux de santé publique reliés à l'étatisation des jeux d'argent sur Internet


Auteur: Élisabeth Papineau
Éditeur(s) : Institut national de santé publique du Québec, 2010, 8 pages.

No INSPQ : 1055
ISBN imprimé : 978-2-550-58222-9
ISBN PDF : 978-2-550-58223-6

Document PDF à télécharger:Enjeux de santé publique reliés à l'étatisation des jeux d'argent sur Internet

Aperçu des contenus

La société d’État a annoncé en novembre son intention d’élargir le champ de ses activités commerciales aux jeux d’argent sur Internet (JAI). Les connaissances actuelles définissent les JAI comme une modalité de jeu dont la dangerosité pourrait dépasser celle des AÉJ (appareils électroniques de jeu). Selon une perspective de santé publique, il est vraisemblable d’anticiper une augmentation du jeu problématique dans la population et chez les adeptes du jeu en ligne.

Les raisons généralement évoquées en faveur de l’étatisation concernent la lutte à la fraude et au crime organisé, les coûts sociaux pour l’État – sans le bénéfice des revenus tirés du jeu, la nécessité de l’encadrement des JAI à des fins de protection de la population. On évoque aussi la difficulté d’interdire les JAI. À ce jour cependant, les données sur l’efficacité de l’étatisation comme stratégie d’endiguement de la clientèle internationale, de mitigation des problèmes liés au jeu et de protection des consommateurs restent fragmentaires. Sur le plan de la santé publique, les données disponibles sur la Suède, la Colombie-Britannique et les provinces maritimes, où ces modalités de jeu sont exploitées, témoignent de taux de participation et de prévalence de problèmes significativement plus élevés.

Ces taux s’expliqueraient par certaines caractéristiques intrinsèques à la modalité des JAI, comme la commodité, le paiement électronique et le jeu à crédit, la rapidité, l’anonymat, l’interactivité, l’immersion, la consommation concomitante d’alcool et de drogues, etc. Mais on observe également que, si les sites étrangers sont fort accessibles (sur le plan temporel, géographique, financier), l’étatisation a pour conséquence d’en augmenter l’accessibilité symbolique et légale. Or ces deux éléments sont identifiés par les gens qui ne jouent pas en ligne comme étant les principaux obstacles à l’adoption du jeu en ligne. Ces « facteurs de protection » levés, on peut anticiper que l’étatisation, plutôt que de contenir les problèmes de jeu, générera plus de joueurs en ligne et plus de joueurs en ligne problématiques. Une recrudescence des initiatives de promotion pourrait aussi générer cet effet de participation.

En raison d’un lien de causalité fort entre l’accessibilité des jeux et les problèmes de jeu, la perspective de santé publique ne permet pas de croire que l’étatisation soit une stratégie efficace pour contenir les risques associés à l’exposition aux jeux d’argent en ligne dans le contexte du Québec.

L’objectif est ici de présenter une recension des risques connus entourant le jeu en ligne et son étatisation, dans un contexte où il existe autour de 2 500 sites de JAI. Nous exposerons les relations entre l’exposition aux JAI et les problèmes de jeu ainsi que les éléments de dangerosité connus spécifiques à cette modalité de jeu. À la lumière des connaissances sur l’offre anticipée de JAI au Québec, nous examinerons les modes d’intervention adoptés en Suède, soit l’étatisation et la mitigation des méfaits par le biais de dispositifs de contrôle en ligne.

Alain Dubois

Author: Alain Dubois

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés


Aucune annexe