La cassette usée des 2000 sites de jeu en ligne

200px-magnetic_audio_tape.pngLe 26 mars 2015, le ministre des Finances du Québec a rendu publique son budget 2015-2016. Comme pour le plan budgétaire 2013-2014, on y colporte la croyance d’un énorme marché du jeu en ligne qui échapperait à Loto-Québec au profit de gens agissant illégalement (voir aux pages G.19 à G.22). On nous offre en référence le rapport de l’étude de prévalence de 2009 ainsi que le rapport du comité de suivi, mais pas un mot sur un sondage IPSOS-Reid de 2013 auxquels les scientifiques n’ont pas accès. Ça jette froid dans le dos. Comme pour la distribution d’alcool dans les aires de jeu, courir après de l’argent qui n’existe pas conduit au développement de projets qui ratent les objectifs financiers non sans augmenter considérablement les risques sociosanitaires pour la population québécoise.

Dans cette perspective, aux pages 35, 44, 51, 162 et 163 du rapport du comité de suivi, les auteurs font référence à l’argument des 2000 sites de jeu en ligne avec lesquels EspaceJeux serait en compétition. Face à une compétition si énorme, le blocage des sites Internet s’imposerait. Les données publiées par le comité de suivi sont vraiment ténues. On a consulté le site casinocity.com en mai, août et novembre 2013. Je ne sais pas pourquoi. J’ai la désagréable impression d’être devant le travail d’un étudiant universitaire qui a occupé sa session ailleurs, et qui, en catastrophe à la dernière minute, raboute des données facilement cueillies sur Internet.

Pour promouvoir l’expansion de l’offre de jeu, l’argument des 2000 sites est régulièrement utilisé … sans citation de la source … surtout par les spins doctors. En l’occurrence, difficile d’argumenter scientifiquement contre un argument qui n’apparaît pas dans le document du budget 2015-2016 mais qui émerge dans les journaux.

L’origine plausible de l’argument est un rapport produit par l’United States General Accounting Office en décembre 2002 (voir aux pages 51-53). : Internet Gambling : An Overview of the Issues. Se fondant sur une liste produite par deux firmes comptables, le GAO a estimé qu’il existait sur Internet 1783 sites de jeu en ligne qui ne sont pas que des portails de redirection. Incidemment, seulement 80% d’entre eux étaient actifs. Néanmoins, depuis, la statistique des 2000 sites fait partie de la valise des démarcheurs. Au mieux, des tentatives d’actualisation se font via les données publiées par casinocity.com, une source dont on sait vraiment peu de chose. La référence au commentaire de Betty McNeal n’est certainement pas suffisante pour en faire une source scientifiquement crédible.

Quoi qu’il en soit, examinons dans une perspective historique plus longue les données de casinocity. Notons d’abord que la situation en 2015 n’est pas vraiment différente de la situation en 2005 pour les trois principales activités de jeu en ligne (les casinos, le poker et les paris sur les événements (Sports and Racebooks) ). L’évolution inverse de la courbe pour le poker est notable à comparer à celles des casinos ou des paris sur événements.

2000sites.png

L’augmentation du nombre global de portails apparaît plutôt attribuable au bingo, aux loteries, et surtout aux services de paris offerts par des établissements ayant pignon sur rue depuis longtemps (Live dealers). Il y a aussi quelques autres nouvelles modalités moins fréquentes tels que les Binary options et le Foreign Exchange.

À noter que ces données décrivent l’offre. Elles ne renseignent pas sur la demande par les joueurs et encore moins sur leur consommation. Il est prudent de conserver à l’esprit que la multiplication des portails peut simplement refléter des efforts marketing pour retenir une clientèle en train de déserter un marché, un moyen de créer de la nouveauté dans un marché qui s’épuise dans la monotonie.

Le 30 septembre 2006, le gouvernement américain a adopté la loi intitulée : The Unlawful Internet Gambling Enforcement Act of 2006 (UIGEA). On constate alors un arrêt de la progression du nombre de portails de poker et une diminution marquée des sites de casinos ou de paris sur événement. Paradoxalement, le développement du concept de marché territorial (ARJEL, 8 juin 2010) et le blocage forcé du marché américain lors du Black Friday (15 avril 2011) ont précédé une relance de l’augmentation du nombre de portails de jeu en ligne. L’adoption de l’UIGEA était surtout symbolique. En attente de la règlementation, sa mise en application a beaucoup tardé … jusqu’au Black Friday.

L’UIGEA et le concept de jeu territorial sont deux interventions destinées à contraindre les joueurs à un marché dont ils ne semblent pas vouloir. Si la capacité à contrôler un territoire est efficace, on peut s’attendre à une multiplication des portails pour consolider la tentation à jouer offshore. Mais, si les joueurs comprennent comment contourner le blocage des sites (notamment en ayant recours à des VPN), la tentative gouvernementale de placer sa population dans une cage à homards pourrait populariser le recours aux moyens de contournement, d’où l’intérêt des sites offshores à multiplier les portails. Ce faisant, l’objectif financier est raté et, en bout de ligne, l’exposition de la population à des risques sociosanitaires est accrue.

Sans équivoque, avoir recours à l’argument des 2000 sites reflète qu’on comprend mal la nature du problème. Mais, il y a quelque chose qui me dit qu’on aurait davantage intérêt à examiner le sondage IPSOS-Reid 2013 pour saisir les véritables raisons pour lesquelles se répètent les erreurs d’évaluation des marchés qui découlent de la lecture de l’étude de prévalence de 2009.


Dessin en entête : Tucvbif

Jean Leblond

Author: Jean Leblond

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Commentaires (7)

Pokerman Pokerman ·  30 mars 2015, 06:53

Il m'apparaît évident que nous sommes en droit de nous questionner au sujet des dits "2000 sites de jeux en ligne" et au même titre, à la perte de revenus de 200 millions au Québec!

À mes yeux, ces données ne servent en réalité qu'à justifier les actions du gouvernement. En fait, si on regarde froidement la situation, aucune surprise n'émerge des projets annoncés dans le budget Leitao. Depuis longtemps que nous avions prévu le blocage des sites "illégaux" de jeux en ligne. C'était évident! Qu'on le veuille ou non, peu importe le propriétaire d'une entreprise, s'il avait le pouvoir d'éliminer la compétition, il serait stupide de ne pas le faire, surtout s'il peut justifier ses actions en affirmant que ses compétiteurs sont "illégaux"!

En fait, je crois que le problème que vit actuellement Loto-Québec/Espacejeux se situe plus précisément au niveau de la division poker. J'ose croire que la division "Casino" se porte bien et est déjà très rentable, ce qui n'empêchera tout de même pas ces dernier de monopoliser le marché québécois.

Ainsi donc, comme on le sait depuis les premiers mois d'opérations d'Espacejeux, la section poker est un échec total. Il faut faire quelque chose! Cette annonce au budget Leitao au sujet des jeux en ligne était prévisible sachant que le contrat liant Espacejeux à GTech G2, pour la plateforme de poker, prendra fin dans quelques mois, On ne pouvait pas maintenir le statu quo.

De par la petitesse du marché québécois du jeu en ligne combiné au désintéressement de la population mondiale face au poker en ligne tel que vous nous le démontrez, encore une fois, à travers le tableau de votre article, le gouvernement n'a pas d'autres choix que de monopoliser ce marché en bloquant les autres sites afin de tenter de le rentabiliser. À partir de ce moment, le gouvernement choisit de légaliser les "intéressés" via des licences d'opérations afin de devenir légaux et du même coup, de payer des impôts. Je serais vraiment surpris, bien que ce ne soit pas impossible, que des licences soient disponibles pour les jeux de casino en ligne, je crois plutôt qu'elles seront offertes uniquement pour le poker en ligne.

Nous savons tous déjà que Pokerstars est au première loge pour se qualifier pour le poker légal via notre gouvernement. C'est l'évidence même! Par contre, nous sommes sérieusement en droit de se questionner à savoir si d'autres fournisseurs de poker en ligne, se montreront intéressés. J'en doute fortement! Il faut être réaliste, de payer des redevances pour opérer légalement au Québec ne peut pas être rentable pour plusieurs sites. Probablement que cela est possible seulement et uniquement pour Pokerstars qui, par la force des choses, monopolisera le marché québécois du poker en ligne! Et pour ceux que ça pourrait inquiéter, je suis convaincu que les québécois pourront continuer à jouer contre tous ceux qui ont déjà accès à Pokerstars actuellement. Il faudrait être stupide de penser que Pokerstars paierait pour une licence pour opérer une plateforme où seulement les québécois pourrait y jouer! De toutes façons, on a déjà compris, par certaines affirmations de ministres dans le passé, que l'objectif est d'offrir une compétition mondiale au québécois pour le poker en ligne!

À mon avis, le principe d'opérations via les licences sera simple. Le site Espacejeux continuera d'exister en monopolisant les jeux de casino et pour celui qui voudra jouer au poker, il aura accès à Pokerstars (ou tout autre site licencié) directement à partir du portail d'Espacejeux. Toutes autres tentatives d'accéder à un site de jeux en ligne sera impossible dû aux blocages. Concernant l'utilisation de VPN, sûrement que certains "professionnels du poker en ligne" pourront le faire mais pour la très grande majorité des amateurs, cette option ne sera même pas envisagée!

En bout de ligne, pour ma part, à titre d'amateur de poker en ligne, c'est certainement la meilleure solution pour tous le monde! Par contre, il faut être réaliste: Le poker en ligne se meurt mondialement et ce n'est pas une association Pokerstars/Loto-Québec qui y changera quoi que ce soit. Au contraire, ça ne fera que consolider la mort lente mais assurée de ce marché car, ni l'un ni l'autre n'a intérêt à offrir un jeu intègre et honnête concernant la distribution des cartes.

Jean Leblond Jean Leblond ·  30 mars 2015, 10:08

Bonjour Pokerman,

Sur EspaceJeux, le bingo en ligne ne va pas très bien. Les jeux de casino ne semblent pas produire autant qu'on avait anticipé. On ne sait presque rien des paris sur événement. Mais, au total, les rapports trimestriels suggèrent une performance nettement en deçà du scénario le plus pessimiste en 2010.

Au niveau mondial, le poker a connu un grand succès tant que des nouveaux joueurs s'ajoutaient en plus grand nombre que ceux qui quittaient. Mais, c'est un système pyramidal qui était destiné à s'effondrer tôt ou tard. Au Québec, l'écosystème s'est rapidement vidé parce qu'il n'y a pas eu de mesures de protection des joueurs récréatifs ... la principale catégorie de joueurs qui accepte de sortir des dollars frais de leurs poches. Des réguliers les ont royalement bavés et ont conséquemment spolié leur plaisir à jouer au poker sans logiciel d'aide à la décision.

Est-ce que PokerStars pourrait réalimenter l'écosystème au Québec? Peut-être temporairement à cause du buzz de la nouveauté. Mais, fondamentalement, le désintéressement ne sera pas facile à surmonter s'il est possible de le faire avant plusieurs années.

C'est certain qu'Amaya n'embarquera pas si le gouvernement du Québec ne lui concède pas une exclusivité sur des jeux de machine à sous.

Pour ce qui est d'un pool mondial de poker, via une redirection d'EspaceJeux vers PokerStars, c'est légalement impossible à moins d'une modification du code criminel. LQ ne peut pas organiser des activités de jeu pour des personnes situées ailleurs que sur le territoire du Québec, et encore moins exposer ses clients à des joueurs situés hors territoire. Incidemment, si on faisait une application maniaque de la loi, il n'est pas certain que la mise en commun des joueurs de plusieurs provinces est légale au Canada. L'Ontario y a peut-être déjà pensé!

Pokerman Pokerman ·  31 mars 2015, 06:30

Bien que ce soit une très bonne chose, j'avoue être surpris d'apprendre que les jeux en ligne, incluant le bingo, soit pratiquement un autre échec pour Loto-Québec. Si on y pense bien, la réalité est sûrement que la population n'a aucune confiance aux autres jeux en ligne tout comme pour le poker. Pour ma part, j'ai déjà expérimenté le poker. Résultats: J'ai réalisé des gains au début et retiré avant de tout perdre lorsqu'il m'était devenu impossible de gagner. J'ai expérimenté le black Jack. Résultats: J'ai réalisé des gains au début et j'ai fini par tout perdre lorsqu'il m'est devenu impossible de gagner. J'ai expérimenté le bingo. Résultats: J'ai réalisé des gains au début et j'ai fini par tout perdre lorsqu'il m'est devenu impossible de gagner.

On peut me traiter d'imbécile, de paranoïaque qui voit des conspirations partout, de mauvais joueur, etc., il n'en reste pas moins que ce court récit est bel et bien réel et reflète exactement ce qu'est l'industrie du jeu en ligne: une arnaque informatique!

Justement, il est grand temps que tous ceux qui opèrent et tous ceux qui défendent à torts et sans aucun fondement sensé les sites de jeux en ligne, d'arrêter de prendre les gens pour des imbéciles car, à se faire, ils sont en train de tuer ce marché. Le désintéressement face aux jeux en ligne est généralisé. On n'a qu'à regarder nos 2 forums de poker ici au Québec qui sont pratiquement déserté pour réaliser à quel point cette mort est imminente.

Ainsi donc, en ce qui me concerne, une seule et unique raison a causée l'effondrement de l'écosystème du poker en ligne et c'est l'arnaque de la distribution des cartes. Point à la ligne. Soyez assuré que ce n'est pas Pokerstars qui y changera quoi que ce soit. On a qu'à fouiller un peu sur le net pour voir à quel point la mauvaise réputation de Pokerstars est déjà très bien établie dans le milieu des amateurs de poker en ligne.

Mais en ce qui concerne notre gouvernement, voilà encore plus de raisons pour bloquer la compétition dite "illégale" et monopoliser le marché.

Vous avez peut-être raison de croire qu'Amaya exigera de Loto-Québec le droit d'exploiter des machines à sous "légales", je n'en ai honnêtement aucune idée même si, pour ma part, j'en doute fortement. Une chose est sûre, si le gouvernement accepte de donner ce droit, le coût en sera onéreux!

Finalement, en ce qui concerne la légalité pour les québécois de faire parti d'un pool mondial via un site autorisé par le gouvernement québécois, bien que vous avez, là aussi, certainement raison, je reste convaincu que ce sera de cette façon que les choses se concrétiseront. Vous savez aussi bien que moi que ce ne sera pas la première ni la dernière fois que notre gouvernement fera fi de la législation actuelle. J'entends déjà Mme Rivest nous expliquer que ce n'est pas la responsabilité de Loto-Québec de dicter aux tierces parties autorisées (Pokerstars et ??? ) leurs façons de gérer leurs entreprises et que leurs rôles s'arrêtent à fournir aux québécois des sites de poker légal et intègre!

De toutes façons, qui oserait confronter en justice Loto-Québec et Pokerstars??!!

Alain Dubois Alain Dubois ·  07 avril 2015, 05:18

En fait, les autres jeux en ligne sont rentables, mais pas autant qu'escomptés et surtout comme le mentionne Jean, ils permettent à LQ d'amoindrir l'échec de ses salons de pokers et de revendiquer des profits sur EspaceJeux. Je pense que PokersStars pourrait se satisfaire d'un monopole sur les paris sportifs pour assurer la rentabilité de ses activités, mais c'est certain qu’elle aimerait tout avoir. Je crois que l'acceptabilité sociale de cette privatisation passerait mieux si on excluait les autres jeux de casinos. On verra...

Jean Leblond Jean Leblond ·  07 avril 2015, 11:06

Les rapports trimestriels ne mentionnent que les revenus bruts des activités de jeu en ligne. À cela, il faut soustraire les charges avant d'arriver aux profits.

À la page 9 du troisième rapport trimestriel de cette année, on lit que les loteries en ligne ont cumulé des ventes de 13,5 millions de dollars depuis le début de l'année fiscale (le 1 avril). Pour l'ensemble des loteries, 54,2% des ventes sont retournées aux joueurs sous forme de lots et 6,9% sont remis aux détaillants à titre de commission ... ce qui laisse à LQ seulement 38,9% des ventes. En plus de la contribution pour le fonctionnement de la plateforme en ligne, on ne sait pas si LQ paie des royautés aux concepteurs des loteries. Mais, avec les loteries en ligne, il n'y a pas de frais d'impression ni de livraison. Finalement, il y a des charges pour la comptabilité ou le marketing, En bout de ligne, probablement qu'il reste bien peu des 13,5 millions mentionnés dans le rapport trimestriel. Une chose est certaine, si les profits étaient autres que négligeables, le mot profit serait souligné à grands traits rouges dans le rapport trimestriel. Et, en plus, nous aurions droit à une fanfare.

En ce qui concerne les jeux de casino (poker, machines à sous, jeux express, jeux de table), le rapport mentionne un bénéfice brut de 21,2 millions depuis le début de l'année fiscale. Contrairement aux loteries et bingo, la pratique comptable est de soustraire les lots retournés aux joueurs avant de publier le bénéfice brut. Ici, il est certain que LQ a ensuite à payer des royautés aux concepteurs des jeux et doit payer pour le fonctionnement de la plateforme ainsi que la compagnie qui assume les transactions financières des joueurs.EspaceJeux défraie aussi le coût du service de support en ligne. Encore une fois, il reste sans doute bien peu de profits après le paiement des charges.

Dans ce contexte, on peut comprendre pourquoi le gouvernement semble si intéressé à refiler la charrette peu performante à l'entreprise privée. Et, l'entreprise privée risque de ne pas répondre à moins qu'il y ait une compensation considérable: l'accès aux jeux les plus dangereux pour la population ... car, comme on l'a vu avec la crise sociosanitaire des ALV, les profits découlent surtout des jeux les plus problématiques pour le jeu pathologique. Si Amaya est sérieuse, qu'elle se déniche un expert en jeu pathologique qui n'est pas un pantin car le risque de se placer dans le trouble est grand. Et, je ne dis pas ça parce que je cherche un emploi. Vraiment pas!

Pokerman Pokerman ·  08 avril 2015, 06:21

Si je comprends bien votre point de vue M. Leblond, il est même possible que notre gouvernement envisage de carrément laisser tomber toutes les activités d'Espacejeux telles que nous les connaissons actuellement, que ce soit pour la section poker autant que pour la section casino mais sûrement à l'exception des loteries en ligne, dû à une rentabilité médiocre ou peut-être même inexistante.

J'avoue que je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Si c'était le cas, il pourrait alors être intéressant pour le gouvernement d'accréditer d'autres opérateurs, autant pour le poker en ligne que pour tout autre jeu en ligne. De cette façon, ils pourraient alors s'assurer des revenus provenant des droits d'accréditations, de redevances et d'impôts.

À suivre!

Jean Leblond Jean Leblond ·  08 avril 2015, 10:06

Pour la plateforme des jeux de casino (sauf le poker), Loto-Québec a exigé du fournisseur qu'elle puisse héberger des jeux conçus par d'autres compagnies. Pêle-mêle, on y retrouve déjà des jeux de Boss Media, OpenBet, IGT et Amaya. Les jeux sont exploités par EspaceJeux qui paie des royautés aux fournisseurs.

Si l'idée est de favoriser la concurrence entre les fabricants, le client va d'abord se connecter à EspaceJeux qui va le diriger, au choix du joueur, sur l'une ou l'autre des plateformes intégrées (offrant donc tous les jeux incluant le poker) de l'un ou l'autre fournisseur. Il y aurait alors l'univers Amaya, l'univers GTech, l'univers IGT, etc. Mais, pour respecter le Code criminel, les plateformes devraient cependant être territoriales ... ce qui implique un écosystème de poker, déjà insuffisant, encore plus segmenté. C'est clair que l'objectif est l'obtention des machines à sous et des paris sur les événements.

Est-ce que la concurrence marketing pourrait stimuler le jeu en ligne au niveau des attentes de revenus du gouvernement? Pour répondre oui, il faut croire à l'existence d'un marché gris qui échapperait actuellement à Loto-Québec. À mon avis, c'est une chimère issue d'une erreur comptable découlant de l'étude de prévalence de 2009. Il n'y a presque rien à rapatrier ... certainement pas l'argent des parties de cartes en famille ou entre amis que le ministère des Finances semble classer dans la catégorie de la dépense illégale.

Pour ce qui est des joueurs de poker d'habitude sur des sites offshores, s'ils y sont de manière soutenue, c'est probablement parce qu'ils en retirent davantage d'argent qu'ils n'y en dépensent. Contraindre ces joueurs au territoire québécois ou canadien va peut-être diminuer l'argent qui est injecté dans notre économie ... si ce montant est autre que négligeable. Pour le ministre des Finances, cela équivaut à se tirer dans le pied ... à moins que la liste de Loto-Québec soit très asymétrique et permette des sites offshores où les Québécois excellent. Stratégiquement, il pourrait y avoir un avantage. Mais, légalement, je trouve que ce serait une boîte de Pandore.

Avec une barrière territoriale, un marché illégal difficile à rapatrier (en l'occurrence parce que pratiquement inexistant) et un écosystème plausiblement spolié pour longtemps, la concurrence entre plusieurs fournisseurs risque surtout d'être une surenchère d'incitations à des comportements risqués, une surenchère de jeu pathologique. Si c'est privé, peut-être que les joueurs pourront avoir un meilleur accès aux ressources gouvernementales pour leurs recours collectifs. À moins que cela aussi fasse partie du deal! L'avenir nous le dira car on ne peut guère que spéculer pour l'instant.

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